10 ANS DU FRONT POUR L’ALTERNANCE ET LA CONCORDE AU TCHAD (FACT) : L’appel de Mahadi

Ce 09 Mai 2026 à Paris s’est tenu un panel pour célébrer les 10 ans d’existence du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT). Le leader du mouvement Mahamat Mahadi Ali a prononcé un discours aux accents forts, devant plusieurs invités.
Camarades résistants, militants et sympathisants de la résistance, distingués invités,
Aujourd’hui, nous ne sommes pas retrouvés ici simplement pour regarder en arrière. Nous sommes ici pour nous souvenir, pour honorer, mais surtout pour continuer la lutte.
Il y a dix ans, dans des circonstances difficiles, parfois de manière tragique, souvent dans l’incertitude, des jeunes de tout horizon de notre pays ont décidé la création d’une structure nationale pour mener la lutte afin de sauver notre pays en dérive. Ils ont refusé l’injustice, le silence bref, ils ont refusé de vivre à genoux. Ce jour-là, un mouvement est né. Un mouvement de dignité, de courage et de libération, dénommé le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad.
Avant de poursuivre mon intervention, je vous demande camarades, d’observer une minute de prières à l’endroit de nos martyrs tombés sur le champs d’honneur.
Camarades;
Nous honorons aujourd’hui la mémoire de nos martyrs, ces jeunes, à flair d’âge, ont consenti le sacrifice ultime au nom de nos convictions, de notre peuple et de notre avenir à nous tous.
Leur courage demeure une lumière pour les générations présentes et futures. Ils ont affronté l’épreuve avec dignité, portant l’espoir d’un monde plus juste et plus libre.
Leurs sacrifices ne seront jamais oubliés. À travers notre mémoire, notre respect et notre engagement à préserver les valeurs qu’ils défendaient, leur héritage continue de vivre.
Que leur mémoire demeure éternelle, et que leur exemple inspire toujours la paix, l’unité et la justice.
C’est l’occasion pour aussi de s’adresser à nos ex-camarades qui, dans un moment de faiblesse ont fait défection. Le FACT les encourage à rejoindre le campement le plus proche, car une amnistie est accordée à tout combattant effectuant cette démarche.
Camarades, mesdame, messieurs;
Notre pays est à un tournant de son histoire. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse une simple question de transmission familiale du pouvoir, c’est l’avenir même de notre Nation qui est en jeu. Combien de temps nous allons accepter l’inacceptable ? Combien de temps encore allons-nous regarder notre pays sombrer entre les mains d’une junte qui tâtonne, hésite voire improvise ? La vérité doit être dite sans détour : notre pays est dirigé aujourd’hui sans vision, sans cap ni autorité de l’état régalien. Ce n’est plus une question d’erreurs passagères mais un vrai problème de direction, de compétences voire de responsabilité. La junte donne l’impression d’apprendre sur le dos de la Nation, or le pays n’est ni une école encore moins un centre d’apprentissage car le destin des millions des tchadiens en dépend.
Pendant que le peuple tchadien souffre du chômage, de la vie chère, de l’insécurité et de l’absence de perspectives, la junte au pouvoir choisit une autre voie : celle de la peur, de la violence et de la répression.
Au lieu d’écouter les cris de détresse de nos concitoyens, elle s’acharne contre les opposants politiques et les populations civiles. Après l’assassinat cruel de Yaya Dillo, voilà que toutes les régions de Lac, Moyen Chari et Wadi Fira est aujourd’hui plongée dans la peur et la violence.
Nous dénonçons avec la plus grande fermeté l’arrestation arbitraire du président des Transformateurs ainsi que celle des cadres du GCAP. Ces pratiques rappellent à tous que, sous ce régime, nul n’est à l’abri de l’injustice.
Et que dire du cas d’Idriss Youssouf Boy ? Celui qui était présenté, hier encore, comme un proche parmi les proches, celui qui murmurait à l’oreille du pouvoir, se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux. Cette situation démontre une vérité que nous n’avons cessé de dénoncer : lorsqu’il s’agit de protéger son fauteuil, la junte ne connaît ni tribu, ni ethnie, ni amitié.
Le peuple tchadien mérite mieux que la peur. Il mérite la justice, la dignité et la liberté, en un mot, un État qui protège ses citoyens au lieu de les persécuter. Face à cette dérive autoritaire, nous appelons toutes les forces vives de la nation à rester unies, vigilantes et déterminées pour résister et concrétiser ses idéaux qui se résument aux droits fondamentaux, à la démocratie, bref, en un état de droit.
Camarades, chers invités,
Dans le passé, certains pays amis pouvaient apporter leur soutien en raison d’une proximité d’idées, de visions ou d’intérêts communs. Mais depuis l’effondrement du mur de Berlin, le monde est devenu unipolaire, dominé par une logique ultralibérale où le chacun pour soi s’est imposé comme règle. Les aides extérieures se font de plus en plus rares, tandis que l’émergence des régimes autocratiques massacrant les populations en masse, est devenue monnaie courante. Dans un tel contexte, mener une lutte exige davantage d’efforts, davantage de patience et surtout plus de sacrifices.
C’est pourquoi nous devons avant tout compter sur nous-mêmes pour accomplir ce devoir sacré envers notre peuple et notre nation.
C’est dans cet esprit que nous avons organisé, l’automne dernier à Nantes, en France, une conférence ayant réuni des femmes et des hommes engagés pour l’avenir du Tchad. Cette rencontre a débouché sur plusieurs recommandations majeures, toutes orientées vers un objectif fondamental : l’unification de la résistance.
Car l’unité n’est pas seulement souhaitable ; elle est indispensable. Elle seule permettra d’associer tous les Tchadiens à cette œuvre salvatrice, au-delà des appartenances ethniques, régionales ou politiques.
Nous avons pris cet engagement avec responsabilité et détermination. Et très prochainement, les premiers actes concrets de cette dynamique seront dévoilés au peuple tchadien.
Camarades,
Chers invités,
Dès le début de notre engagement et de la création du FACT, nous avons toujours affirmé avec clarté que notre objectif à travers cette lutte est l’instauration d’une véritable alternance politique au Tchad.
Si cette alternance pouvait être obtenue par le dialogue, par des élections crédibles, transparentes et inclusives, alors nous en serions les premiers favorables, et notre lutte perdrait toute raison d’être.
Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre. Nous n’avons jamais fait le choix de la confrontation par plaisir ou par ambition personnelle. Mais force est de constater que le régime en place a systématiquement rejeté toutes les options de règlement politique de la crise tchadienne.
Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : la junte n’a aucune volonté sincère de résoudre pacifiquement le problème tchadien. Elle préfère la répression au dialogue, la force à la justice, et la confiscation du pouvoir à la souveraineté populaire.
Face à cette réalité, notre détermination demeure intacte.
La lutte continue. Pour la justice. pour la liberté et pour l’avenir du peuple tchadien.
Vive le FACT pour que vive le Tchad libre et souverain.
Je vous remercie