AGRICULTURE : Mécanisme de financement des engrais en Afrique

En juin 2006, les ministres de l'Agriculture des États membres de l'Union africaine étaient réunis pour la Conférence pour une révolution verte africaine à Abuja, au Nigeria. L'un des principaux accords issus de cette rencontre multilatérale a été la création du Mécanisme africain de financement du développement des engrais (MAFDE), avec l'objectif d'améliorer la productivité agricole en encourageant l'utilisation d’engrais. En 2007, la Banque africaine de développement a été chargée d'abriter et de veiller à la mise en place du MAFDE.
Le secteur des engrais en Afrique et les 5 priorités de la Banque Selon le rapport de l’ONU sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde en 2019, la faim est en augmentation dans presque toutes les sous-régions africaines, ce qui fait du continent la région où la prévalence de la sous-alimentation est la plus élevée, avec près de 20 %. Le continent n’est toujours pas en mesure de se nourrir, d’où la nécessité d’améliorer la productivité agricole. Bien que les engrais soient l’un des intrants clés du secteur agricole, leur utilisation reste inférieure à l’objectif fixé dans la Déclaration d’Abuja de 2006, à savoir l’utilisation d’au moins 50 kg d’éléments nutritifs par hectare de terre arable. Dans le cadre de cette Déclaration sur les engrais pour la révolution verte africaine, les dirigeants africains ont pris l’engagement d’accélérer l’accès des agriculteurs à des engrais abordables ainsi que d’accroître le niveau d’utilisation des engrais. Du fabricant à l’agriculteur, la chaîne de valeur des engrais doit faire partie intégrante de l’ensemble de la chaîne de valeur agricole.
Avec le soutien des parties prenantes des secteurs public et privé, à l’intérieur et à l’extérieur de la Banque, le Mécanisme africain de financement du développement des engrais peut contribuer à la réalisation de quatre des cinq grands objectifs de la Banque africaine de développement, à savoir Nourrir l’Afrique, Industrialiser l’Afrique, Intégrer l’Afrique et Améliorer la qualité de vie des populations africaines. Ce document a pour objectif de montrer les liens qui existent entre le développement du secteur des engrais et l’avancement de ces priorités de la Banque. Malgré son vaste potentiel agricole et le fait que la majorité de la main-d’oeuvre travaille dans l’agriculture, l’Afrique reste un importateur net de denrées alimentaires et présente un déficit commercial alimentaire. Ce qui accroît la vulnérabilité de l’Afrique, surtout en temps de crise.
Une chaîne de valeur efficace pour les engrais peut également améliorer la qualité de vie des Africains en réduisant l’écart entre les sexes dans le secteur agricole. Selon ONU Femmes, les écarts de productivité entre les sexes sont dus à l’inégalité d’accès des femmes aux intrants agricoles. Toutes les interventions devraient donc viser à créer une chaîne de valeur des engrais inclusive où l’accès au financement l’achat d’intrants est facilité pour les femmes. L’initiative panafricaine phare de la Banque, l’Initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA) peut également jouer un rôle de premier plan en garantissant un accès au financement aux femmes du secteur agricole l’achat d’intrants clés tels que les engrais et les semences.
(Agence Ecofin) - Le Pakistan est le 4ème exportateur mondial de riz derrière l’Inde, la Thaïlande et le Vietnam. Alors que les restrictions de l’Inde affectent l’Afrique de l’Ouest, le pays asiatique compte renforcer sa présence dans cette région névralgique pour le commerce mondial de la céréale.
Au Sénégal, les importations de riz depuis le Pakistan ont atteint environ 100 000 tonnes entre novembre et décembre dernier. C’est ce qu’indiquent les récentes données de Trade Data Monitor (TDM) et du Bureau des statistiques du pays asiatique relayées par le Département américain de l’agriculture (USDA) dans son rapport d’avril sur le marché céréalier mondial.
Ce volume est en forte hausse comparativement au stock de seulement 5 000 tonnes acheté par le pays d’Afrique de l’Ouest sur la même période un an plus tôt. Si officiellement les raisons de ce boom n’ont pas encore été avancées, plusieurs analystes voient cela comme le résultat de la diversification des sources d’approvisionnement de la part des importateurs sénégalais confrontés à des restrictions commerciales imposées par l’Inde depuis un an et demi.
Les catégories telles que le riz brisé constituant plus de 95 % des achats mondiaux du Sénégal ont été en effet interdites d’exportation par les autorités indiennes. Cette démarche si elle a été suivie de dérogations en faveur du pays de la Teranga a toutefois poussé de nombreux opérateurs du marché local à chercher d’autres fournisseurs à bas prix.
Dans un tel contexte, le Pakistan est une cible de choix offrant des tarifs plus bas grâce à sa plus faible monnaie (roupie pakistanaise) et des conditions de livraison FOB plus intéressantes en raison d’un avantage logistique comparativement aux autres fournisseurs d’Asie du Sud-Est, d’après le Département américain de l’agriculture (USDA).
Grâce à une abondante récolte, le pays pourrait exporter durant la campagne 2023/2024 jusqu’à 5,7 millions de tonnes de riz contre 4,5 millions de tonnes un an plus tôt, selon les données de l’USDA. Cette progression d’une année sur l’autre tranche avec les baisses attendues dans les pays du top 3 (Inde, Thaïlande et Vietnam) d’ici la fin de ladite campagne.
Plus globalement, la percée du riz pakistanais vers la fin de l’année dernière a fait du Sénégal, la 5ème destination pour les envois du pays asiatique derrière l’Indonésie, la Malaisie, l’Afghanistan et les Philippines.
Il faut noter également qu’en dehors du Sénégal, d’autres pays du continent ont aussi enregistré une forte hausse de leurs achats de riz depuis le Pakistan. Il s’agit de Madagascar, du Kenya, de la Tanzanie, de Djibouti et de la Côte d’Ivoire.
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En Afrique centrale et de l’Ouest, 55 millions de personnes pourraient être touchées par la faim entre juin et août
En Afrique, l’insécurité alimentaire demeure un défi en dépit de l’augmentation de la production agricole sur ces deux dernières décennies. Les problèmes économiques ainsi que les conflits prolongés entravent la capacité des populations à accéder de manière régulière à une alimentation normale.
En Afrique centrale et de l’Ouest, environ 55 millions de personnes pourraient être en proie à la faim au cours de la période de soudure qui s’étendra entre juin et août prochains. C’est ce que révèle l’analyse de la sécurité alimentaire du Cadre Harmonisé de mars 2024 publiée par le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS).
Cet effectif serait en hausse de 4 millions de personnes supplémentaires par rapport aux prévisions formulées par l’organisation en novembre dernier sur la même période considérée. Il est en outre 4 fois plus important que la moyenne enregistrée dans les deux régions au cours des 5 dernières années.
Pour expliquer cette situation, le CILSS évoque les défis économiques dans les pays d’Afrique occidentale et centrale, tels que les dévaluations monétaires, l’inflation, la stagnation de la production et les barrières commerciales qui peuvent affecter la capacité d’accès des populations à la nourriture.
Selon les données de l’organisation, la situation est particulièrement préoccupante au Mali où environ 2 600 personnes devraient expérimenter la famine, notamment dans le nord du pays qui est en proie à des conflits récurrents depuis août 2023. Les autres pays les plus vulnérables sont le Nigeria, le Ghana et la Sierra Leone.
« Nous avons besoin que tous les partenaires s’engagent, adoptent et mettent en œuvre des programmes novateurs pour éviter que la situation ne devienne incontrôlable, tout en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte », a déclaré Margot Vandervelden, directrice régionale par intérim du Programme alimentaire mondial (PAM) en Afrique de l’Ouest.
Stéphanas Assocle
- Nourrir nos sols pour nourrir l’Afrique
- Soutenir la chaîne de valeur des engrais
- Soutenir la production d’engrais à grande échelle
- Soutenir le développement des PME du secteur des engrais
- Promotion des infrastructures routières régionales
- Harmonisation des politiques régionales en matière d’engrais
- Création de plates-formes régionales pour renforcer la chaîne de valeur des engrais
- Accroître les revenus des petits exploitants agricoles
- Combler l’écart entre les sexes dans la chaîne de valeur des engrais
Une chaîne de valeur efficace pour les engrais peut également améliorer la qualité de vie des Africains en réduisant l’écart entre les sexes dans le secteur agricole. Selon ONU Femmes, les écarts de productivité entre les sexes sont dus à l’inégalité d’accès des femmes aux intrants agricoles. Toutes les interventions devraient donc viser à créer une chaîne de valeur des engrais inclusive où l’accès au financement l’achat d’intrants est facilité pour les femmes. L’initiative panafricaine phare de la Banque, l’Initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA) peut également jouer un rôle de premier plan en garantissant un accès au financement aux femmes du secteur agricole l’achat d’intrants clés tels que les engrais et les semences.
- Améliorer la nutrition sur le continent
(Agence Ecofin) - Le Pakistan est le 4ème exportateur mondial de riz derrière l’Inde, la Thaïlande et le Vietnam. Alors que les restrictions de l’Inde affectent l’Afrique de l’Ouest, le pays asiatique compte renforcer sa présence dans cette région névralgique pour le commerce mondial de la céréale.
Au Sénégal, les importations de riz depuis le Pakistan ont atteint environ 100 000 tonnes entre novembre et décembre dernier. C’est ce qu’indiquent les récentes données de Trade Data Monitor (TDM) et du Bureau des statistiques du pays asiatique relayées par le Département américain de l’agriculture (USDA) dans son rapport d’avril sur le marché céréalier mondial.
Ce volume est en forte hausse comparativement au stock de seulement 5 000 tonnes acheté par le pays d’Afrique de l’Ouest sur la même période un an plus tôt. Si officiellement les raisons de ce boom n’ont pas encore été avancées, plusieurs analystes voient cela comme le résultat de la diversification des sources d’approvisionnement de la part des importateurs sénégalais confrontés à des restrictions commerciales imposées par l’Inde depuis un an et demi.
Les catégories telles que le riz brisé constituant plus de 95 % des achats mondiaux du Sénégal ont été en effet interdites d’exportation par les autorités indiennes. Cette démarche si elle a été suivie de dérogations en faveur du pays de la Teranga a toutefois poussé de nombreux opérateurs du marché local à chercher d’autres fournisseurs à bas prix.
Dans un tel contexte, le Pakistan est une cible de choix offrant des tarifs plus bas grâce à sa plus faible monnaie (roupie pakistanaise) et des conditions de livraison FOB plus intéressantes en raison d’un avantage logistique comparativement aux autres fournisseurs d’Asie du Sud-Est, d’après le Département américain de l’agriculture (USDA).
Grâce à une abondante récolte, le pays pourrait exporter durant la campagne 2023/2024 jusqu’à 5,7 millions de tonnes de riz contre 4,5 millions de tonnes un an plus tôt, selon les données de l’USDA. Cette progression d’une année sur l’autre tranche avec les baisses attendues dans les pays du top 3 (Inde, Thaïlande et Vietnam) d’ici la fin de ladite campagne.
Plus globalement, la percée du riz pakistanais vers la fin de l’année dernière a fait du Sénégal, la 5ème destination pour les envois du pays asiatique derrière l’Indonésie, la Malaisie, l’Afghanistan et les Philippines.
Il faut noter également qu’en dehors du Sénégal, d’autres pays du continent ont aussi enregistré une forte hausse de leurs achats de riz depuis le Pakistan. Il s’agit de Madagascar, du Kenya, de la Tanzanie, de Djibouti et de la Côte d’Ivoire.
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En Afrique centrale et de l’Ouest, 55 millions de personnes pourraient être touchées par la faim entre juin et août
En Afrique, l’insécurité alimentaire demeure un défi en dépit de l’augmentation de la production agricole sur ces deux dernières décennies. Les problèmes économiques ainsi que les conflits prolongés entravent la capacité des populations à accéder de manière régulière à une alimentation normale.
En Afrique centrale et de l’Ouest, environ 55 millions de personnes pourraient être en proie à la faim au cours de la période de soudure qui s’étendra entre juin et août prochains. C’est ce que révèle l’analyse de la sécurité alimentaire du Cadre Harmonisé de mars 2024 publiée par le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS).
Cet effectif serait en hausse de 4 millions de personnes supplémentaires par rapport aux prévisions formulées par l’organisation en novembre dernier sur la même période considérée. Il est en outre 4 fois plus important que la moyenne enregistrée dans les deux régions au cours des 5 dernières années.
Pour expliquer cette situation, le CILSS évoque les défis économiques dans les pays d’Afrique occidentale et centrale, tels que les dévaluations monétaires, l’inflation, la stagnation de la production et les barrières commerciales qui peuvent affecter la capacité d’accès des populations à la nourriture.
Selon les données de l’organisation, la situation est particulièrement préoccupante au Mali où environ 2 600 personnes devraient expérimenter la famine, notamment dans le nord du pays qui est en proie à des conflits récurrents depuis août 2023. Les autres pays les plus vulnérables sont le Nigeria, le Ghana et la Sierra Leone.
« Nous avons besoin que tous les partenaires s’engagent, adoptent et mettent en œuvre des programmes novateurs pour éviter que la situation ne devienne incontrôlable, tout en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte », a déclaré Margot Vandervelden, directrice régionale par intérim du Programme alimentaire mondial (PAM) en Afrique de l’Ouest.
Stéphanas Assocle