Bijoux de Léopold Sédar Senghor : deux hommes jugés en appel pour abus de confiance et recel

Deux hommes étaient à nouveau jugés ce mercredi 16 septembre 2026 devant la Cour d'appel de Caen (Calvados) pour abus de confiance, recel et blanchiment en lien avec l’héritage de Léopold Sédar Senghor, l'ancien président du Sénégal. La décision a été mise en délibéré au 9 novembre.
C'est une affaire digne d'un polar, une affaire d'héritage, un héritage qui est passé de main en main. Deux hommes de 53 et 66 ans sont à nouveau jugés ce mercredi 16 septembre devant la Cour d'appel de Caen pour abus de confiance, recel et blanchiment en lien avec l’héritage de Léopold Sédar Senghor, l'ancien président du Sénégal de 1960 à 1980, qui a passé ses vingt dernières années à Verson, près de Caen, d'où était originaire son épouse. Au cœur de l'affaire : des bijoux ayant appartenu à l'ancien chef d'Etat.
Un héritage cédé à une dame de compagnie
Léopold Sédar Senghor est décédé en 2001, à l'âge de 95 ans. L'ancien président du Sénégal lègue alors toute sa fortune à sa femme Colette. À la mort de celle-ci, l'héritage est transmis à la sœur de Colette, Odette Hubert. Cette dernière étant célibataire et sans enfant, elle désigne comme héritière sa femme de ménage et femme de compagnie, Monique Marie, qui explique qu'Odette Hubert "la considérait comme sa fille". Monique Marie se retrouve ainsi propriétaire d'une maison et d'une centaine de bijoux et des tableaux ayant appartenu à la famille Senghor.
Monique Marie confie la gestion de cette fortune à son gendre, ancien expert en assurance. Mais lorsqu'en 2023, un commissaire priseur de Bayeux lui demande de signer un acte de vente d'une montre et d'une chevalière, l'héritière tombe de sa chaise : si elle a donné procuration pour la gestion, elle dit n'avoir jamais autorisé la vente de ses biens. Elle se rend alors à Paris et ouvre alors pour la première fois le coffre à bijoux, médailles et autres objets précieux qu'abrite une banque parisienne, et découvre que, si les écrins sont bien là, ils sont vides.
Deux prévenus qui se renvoient la balle
En audience ce mercredi 16 septembre, deux prévenus : l'ex-gendre de Monique Marie et le bijoutier à l'origine des ventes. Les deux hommes se renvoient la balle. Le gendre assure avoir confié les bijoux au joaillier pour expertise, sans intention de les vendre. Le joaillier, en activité depuis 40 ans, dit avoir mal compris et, comme en première instance, admet ne pas avoir lu précisément les termes de la procuration soulignant qu'il faisait confiance. L'ex-gendre lui donne tout de même son RIB pour empocher l'argent de la vente (il s'agit du RIB de son entreprise) et lui laisse les autres bijoux.
Sur les faits, le joaillier a fait fondre l'or de certains bijoux, entraînant une perte culturelle irrémédiable des biens issus de l'héritage de la famille Sédar Senghor. D'autres bijoux ont été vendus au Sénégal quatre fois le prix du cours de l'or. D'autres bijoux auraient disparu. SOURCE : FRANCE3