GESTION DE SENELEC : La CSTS s’interroge sur les motivations du Gouvernement

La Convergence Syndicale des Travailleurs de Senelec (CSTS) dit avoir pris acte du communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 6 mai 2026, au cours duquel le Premier ministre a souligné la nécessité de renforcer le pilotage stratégique du secteur de l’électricité ainsi que les performances opérationnelles de Senelec.
Dans cette perspective, le Chef du gouvernement a instruit le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, en collaboration avec le ministre des Finances et du Budget, le ministre de l’Économie, le ministre secrétaire général du Gouvernement et le directeur général du BOCS, d’organiser dans les plus brefs délais un Conseil interministériel consacré à la performance, à la viabilité financière et aux perspectives de développement du secteur électrique.
Face à cette initiative, la CSTS s’interroge sur les véritables motivations du Gouvernement, alors même que Senelec enregistre des performances inédites et évolue dans une dynamique de croissance remarquable. Selon l’organisation syndicale, les résultats obtenus traduisent les efforts soutenus et le professionnalisme de l’ensemble des travailleurs de l’entreprise.
Parmi les indicateurs mis en avant figurent :
un rendement global passé de 81,2 % en 2024 à 83,1 % en 2025, un niveau jamais atteint auparavant ;
un bénéfice estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, malgré une charge supplémentaire de 18 milliards de francs CFA liée à la baisse des tarifs de l’électricité décidée par l’État ;
une capacité de production désormais supérieure à la demande nationale, permettant au Sénégal d’exporter de l’électricité vers des pays voisins comme la Gambie et la Guinée ;
un renforcement significatif du réseau de transport grâce à la mise en service de la boucle 225 kV et aux projets d’extension des postes sources dans les capitales régionales ;
une amélioration notable du réseau de distribution depuis 2016, avec une réduction importante de l’Énergie Non Distribuée (END) et un temps moyen de coupure historiquement faible ;
une forte résilience face à la crise énergétique mondiale, illustrée par l’absence de délestages au Sénégal contrairement à plusieurs pays membres du West African Power Pool.
La CSTS reconnaît toutefois que la fraude à l’électricité demeure un défi important. Elle souligne néanmoins que Senelec a fait de cette lutte une priorité stratégique. Grâce aux investissements engagés par la Direction générale et à l’implication du personnel, l’entreprise aurait gagné près de deux points de rendement par rapport à 2024.
Avec des pertes techniques et non techniques limitées à 16,9 % en 2025, la société estime ainsi se hisser parmi les compagnies d’électricité les plus performantes de la CEDEAO, aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigeria.
Pour la CSTS, ces résultats confirment que Senelec suit une trajectoire solide marquée par la modernisation, la rentabilité et le progrès. Le syndicat considère donc qu’il est essentiel que le Gouvernement soutienne cette dynamique et évite toute initiative susceptible de la fragiliser.
L’organisation syndicale appelle également les autorités et l’opinion publique à la vigilance quant aux risques de dérive si les partenaires sociaux, notamment les syndicats représentatifs du personnel, ne sont pas pleinement associés aux réflexions et décisions stratégiques portant sur l’avenir de l’entreprise et du secteur électrique.
Enfin, la CSTS réaffirme son attachement à une gouvernance inclusive, transparente et concertée, qu’elle considère comme la meilleure garantie pour préserver les acquis de Senelec, maintenir la stabilité sociale et renforcer la souveraineté énergétique du Sénégal.