GUÉDIAWAYE – VDN 3 : Quand la lenteur administrative fabrique une bombe sociale

GUÉDIAWAYE – VDN 3 : Quand la lenteur administrative fabrique une bombe sociale

À Guédiawaye, une nouvelle « Cité Imbéciles » semble prendre forme, dans une indifférence qui inquiète. Plus précisément, c’est au niveau de la VDN 3, entre le pont et le tribunal, qu’un véritable bidonville est en train de s’installer et de s’étendre.

Habitat de fortune, piliers en bois, matériaux précaires, eaux usées et pluviales stagnantes, odeurs nauséabondes, montagnes d’immondices… Le décor est particulièrement préoccupant. Dans cet espace dépourvu d’assainissement, les conditions de vie deviennent chaque jour plus difficiles. Dans les taudis, la promiscuité est extrême : les occupants s’y entassent comme des sardines dans une boîte. À l’abri des regards, ce nouveau quartier informel grandit ainsi dans cette partie de la VDN 3. Un véritable no man’s land, dont la configuration pourrait favoriser le repli et la circulation de malfaiteurs. Une situation qui, selon les riverains, n’est pas étrangère aux agressions régulièrement signalées dans la zone.

Des riverains gagnés par la peur

L’inquiétude et la peur rythment désormais le quotidien des habitants et des riverains. Mais au-delà de la question sécuritaire, c’est aussi une bataille foncière et administrative qui se joue sur le terrain. Les propriétaires des terrains concernés par cette occupation attendent toujours de pouvoir prendre pleinement possession de leurs baux. Ils dénoncent la lenteur, qu’ils jugent inexpliquée, dans la délivrance des documents administratifs nécessaires pour entamer les travaux de viabilisation. Cette situation nourrit frustration et exaspération. Pendant que les propriétaires attendent leurs documents, l’occupation anarchique gagne du terrain et les conditions sanitaires et sécuritaires se dégradent.

L’État interpellé

Face à une situation qui n’a que trop duré, les propriétaires et riverains lancent un appel aux autorités. Ils demandent à l’État de prendre ses responsabilités afin de permettre la délivrance des baux et le démarrage des travaux de viabilisation.

Car derrière cette lenteur administrative se profile un risque plus large : celui de voir s’enraciner un véritable bidonville aux portes de zones fortement urbanisées, avec son lot de problèmes sanitaires, environnementaux et sécuritaires.

Pour les habitants comme pour les propriétaires concernés, l’urgence est désormais de mettre fin à cette situation avant qu’elle ne se transforme en véritable bombe sociale.