Le CEDS de Dakar conteste son inscription sur la « Liste noire » du ministère de l’Enseignement supérieur

Le Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Dakar conteste fermement son inscription sur la « Liste noire N° 1 » publiée le 2 octobre 2026 par le ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Dans un communiqué, l’institution demande le retrait immédiat de son nom et appelle à une clarification de sa situation au regard des agréments qui lui ont été accordés par les autorités sénégalaises.
Selon le CEDS, le document ministériel le présente parmi les établissements privés d’enseignement supérieur « non reconnus par le Ministère » et précise qu’il ne serait pas autorisé à délivrer des diplômes de doctorat. Une présentation que l’établissement juge particulièrement préjudiciable à son image et susceptible de laisser entendre qu’il serait assimilé à des structures faisant l’objet de soupçons de pratiques frauduleuses.
Le CEDS affirme ainsi avoir élevé une « protestation énergique » auprès des autorités et demande que son nom soit retiré de la liste. L’établissement estime que cette publication pourrait avoir des conséquences importantes pour son institution, ses auditeurs et ses partenaires au Sénégal comme à l’étranger.
Le CEDS invoque ses agréments
Au cœur de la contestation figure le statut juridique et académique du CEDS. L’établissement rappelle que sa création, en 1999, avait été souhaitée et soutenue par les autorités sénégalaises dans le cadre de la coopération internationale.
Le CEDS affirme ne pas être un établissement supérieur privé classique, mais une organisation internationale à vocation académique établie au Sénégal par un accord de siège et bénéficiant de privilèges et immunités diplomatiques.
Pour accompagner le développement de ses programmes dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD), l’institution indique avoir obtenu un agrément provisoire, le n°212/MESR/DGES/DESP/A du 19 décembre 2014. Celui-ci couvrait, selon le communiqué, l’ensemble de ses offres de formation LMD.
Le CEDS précise également avoir obtenu un agrément définitif, référencé Repsen/Ensup-priv/AD/004-2016, applicable à compter de l’année académique 2016. Selon l’interprétation défendue par l’établissement, cet agrément couvre les formations autorisées par le ministère « de la Licence au Doctorat ».
C’est précisément sur ce point que le CEDS demande une clarification aux autorités.
Une divergence sur le Doctorat
Dans son communiqué, le CEDS affirme que le ministère ne remettrait pas en cause sa reconnaissance ni son droit à délivrer des diplômes de Licence et de Master. En revanche, le ministère s’opposerait à la délivrance du Doctorat par l’établissement.
Pour le CEDS, cette position apparaît contradictoire avec la portée qu’il attribue à son agrément définitif de 2016, qu’il considère comme couvrant les formations allant de la Licence au Doctorat.
L’établissement parle ainsi d’une « différence de traitement paradoxale » et demande que la situation soit clarifiée sur la base des textes et décisions administratives applicables.
Cette question dépasse, selon le CEDS, le seul enjeu de la délivrance des diplômes. L’institution estime que son inscription dans la « Liste noire » porte également atteinte à son image internationale et, plus largement, à la confiance placée dans les institutions sénégalaises de formation.
Le CEDS met en avant ses anciens auditeurs
Pour mesurer les conséquences de cette publication, le CEDS rappelle le profil des milliers d’auditeurs ayant suivi ses formations depuis sa création en 1999.
L’établissement cite notamment des hauts fonctionnaires sénégalais et internationaux, des officiers supérieurs et généraux, des diplomates, avocats, ministres, magistrats, responsables d’organisations non gouvernementales et parlementaires issus du Sénégal et de nombreux autres pays.
Le CEDS souligne également le rôle des universitaires et experts qui ont participé, au cours des vingt-six dernières années, à la formation de ces différentes générations d’auditeurs.
L’institution estime que la controverse actuelle ne doit pas remettre en cause la valeur des parcours suivis par ses anciens et actuels étudiants.
Un message aux étudiants et aux partenaires
Face aux interrogations que pourrait susciter la publication du ministère, le CEDS assure vouloir rassurer les auditeurs actuellement inscrits ainsi que ceux dont l’inscription est en cours.
L’établissement affirme que leurs situations sont pleinement prises en compte dans les démarches entreprises auprès des autorités et assure que la publication de la « Liste noire » ne saurait effacer leur parcours ni le travail académique accompli.
Le Conseil d’Orientation Stratégique (COS) du CEDS indique, pour sa part, rester mobilisé afin de défendre les droits et l’honneur de l’institution, préserver la confiance des auditeurs et poursuivre sa mission académique « dans le respect des règles applicables ».
Une demande de dialogue avec les autorités
Tout en contestant officiellement son inscription dans le document ministériel, le CEDS affirme privilégier une clarification institutionnelle avec les autorités compétentes.
L’établissement dit rester disponible pour un « dialogue sérieux, respectueux et constructif » afin de parvenir à une solution conforme aux textes, aux engagements de l’État et à « l’intérêt supérieur du Sénégal ».
Le CEDS annonce par ailleurs son intention de faire valoir ses droits par les voies appropriées.
Dans son communiqué, l’institution réaffirme enfin son attachement au Sénégal et à son rayonnement diplomatique. Elle assure vouloir poursuivre sa mission de formation de cadres appelés à servir les institutions nationales, africaines et internationales.
La controverse porte donc désormais essentiellement sur l’interprétation et la portée des agréments accordés au CEDS, en particulier concernant le Doctorat. Une clarification officielle des autorités compétentes apparaît dès lors déterminante pour établir la situation juridique et académique exacte de l’établissement. Soda SALL