LE PREMIER MINISTRE CONVOQUE UNE REUNION AVEC LES ACTEURS DE LA PECHE : Limogée, Fatou Diouf distribue 111 licences de pêche

LE PREMIER MINISTRE CONVOQUE UNE REUNION AVEC LES ACTEURS DE LA PECHE : Limogée, Fatou Diouf distribue 111 licences de pêche

Le 21 mai 2026, Dr Fatou Diouf Ancienne Ministre des Pêches et de l’Économie Maritime du Sénégal a annoncé la publication de la liste officielle des navires autorisés à pêcher dans les eaux sénégalaises au titre de l’année 2026 à la date du 03 juin 2026. Le 04 Juin 2024, le premier Ministre Al Amine LO a convoqué une réunion d’échanges sur la situation des pêcheries démersales côtières. Mme Aly MARA ministre des Pêches et de l’Economie maritime ainsi que Ismaïla Ndour Directeur du Centre de Recherche Océanographie de Dakar et 06 organisations ont été invitées à cette rencontre.

Elle a précisé que «depuis trois ans, nous avons fait de la transparence un principe non négociable de notre gouvernance. Publier cette liste, c’est rendre des comptes aux Sénégalais, c’est protéger nos ressources et c’est garantir l’équité pour tous les professionnels du secteur ».

L’analyse de la liste officielle des navires autorisés à exercer des activités de pêche au Sénégal au 3 juin 2026 met en lumière une réalité marquante : la pêche industrielle sénégalaise demeure largement dominée par des intérêts étrangers.

La liste recense 111 navires titulaires de licences de pêche réparties entre plusieurs catégories, notamment la pêche démersale profonde (LPDP), la pêche démersale côtière (LPDC) et la pêche pélagique hauturière (LPPH). L’examen de ces données permet d’apprécier la répartition des autorisations, le profil des bénéficiaires ainsi que le poids respectif des armements nationaux et étrangers dans l’exploitation des ressources halieutiques du pays.

L’un des principaux enseignements de cette analyse concerne la faible présence des armements sénégalais dans la flotte industrielle autorisée. Sur la base des informations disponibles et des hypothèses de travail retenues, seuls 21 navires, soit 18,9 % de la flotte, peuvent être considérés comme relevant d’intérêts nationaux. Les 90 autres navires, représentant 81,1 % du total, seraient liés à des intérêts étrangers.

La répartition estimative de la flotte montre une prédominance des armements européens, principalement espagnols, avec 62 navires, soit 55,9 % de l’ensemble. Les armements chinois et asiatiques occupent également une place importante avec 28 navires, représentant 25,2 % de la flotte. Les armements sénégalais ferment la marche avec 21 navires, soit moins d’un cinquième des autorisations accordées.

L’analyse révèle également une forte concentration des licences entre quelques grands groupes industriels. Parmi les principaux bénéficiaires figurent FT2, EBN, SOCOMI, HISPEC/HISPASEN, CAPSEN, AMPESCA, DELPHINUS, SENECRUST et SOPASEN. Cette concentration traduit le poids croissant de grands opérateurs industriels dans l’exploitation des ressources marines sénégalaises.

Autre élément notable : la prédominance des licences de pêche démersale profonde (LPDP). Cette catégorie représente la majorité des autorisations délivrées, alors même que les ressources démersales font l’objet depuis plusieurs années de préoccupations scientifiques liées à la pression de pêche et à la nécessité de reconstituer certains stocks. Cette situation soulève des interrogations sur la cohérence entre les objectifs de gestion durable des ressources et la structure actuelle des autorisations accordées.

Au-delà des chiffres, ces données relancent plusieurs débats de fond concernant l’avenir du secteur. Elles posent la question de la sénégalisation effective de la pêche industrielle, de la transparence sur les bénéficiaires réels des licences, de l’accès des opérateurs nationaux aux ressources halieutiques ainsi que de la souveraineté économique du Sénégal sur son patrimoine maritime.

En résumé, près de huit navires industriels autorisés sur dix seraient liés à des intérêts étrangers, tandis que moins de deux sur dix relèveraient d’armements nationaux. Cette situation soulève des enjeux majeurs en matière de gouvernance, d’équité dans l’accès aux ressources et de développement d’une industrie halieutique véritablement nationale, capable de contribuer pleinement à la création de valeur et d’emplois au Sénégal. Michel DIOUF