NIGER : LE CCMSR SONNE L’ALARME ET INTERPELLE LA CEDEAO ET LA CEEAC

NIGER : LE CCMSR SONNE L’ALARME ET INTERPELLE LA CEDEAO ET LA CEEAC

« Le Niger ne doit pas être laissé seul » : le Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République appelle les organisations africaines à prévenir toute escalade et dénonce ce qu’il considère comme une entreprise de déstabilisation du Niger et du Sahel.

Le ton est solennel, le message est direct. Dans une lettre ouverte adressée aux États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République (CCMSR) appelle les dirigeants africains à prendre leurs responsabilités face aux tensions entourant le Niger.

Dans ce document daté du 2 septembre 2026, le CCMSR affirme que les événements récents autour du Niger suscitent de « profondes inquiétudes » et dénonce ce qu’il présente comme une entreprise de déstabilisation susceptible de fragiliser davantage un pays déjà confronté à de lourds défis sécuritaires, politiques et sociaux.

Pour le CCMSR, l’enjeu ne se limite pas au territoire nigérien. Le mouvement estime qu’une tentative visant à plonger le Niger dans le chaos constituerait une menace pour la paix et la sécurité dans l’ensemble du Sahel, mais aussi en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

L’organisation rappelle que l’expérience récente du continent montre, selon elle, comment l’instabilité d’un État peut rapidement se propager au-delà de ses frontières et affecter la sécurité de millions d’Africains.

Une lecture qui conduit le CCMSR à interpeller directement les organisations régionales africaines.

« LA CEDEAO ET LA CEEAC DOIVENT PRENDRE LEURS RESPONSABILITÉS »

Le message adressé à la CEDEAO et à la CEEAC est sans ambiguïté : ces organisations ne doivent pas rester indifférentes face aux risques de déstabilisation, aux ingérences et aux initiatives susceptibles d’alimenter les divisions entre peuples africains.

Le CCMSR leur demande de privilégier le dialogue, la concertation, la prévention des conflits et la solidarité africaine, plutôt que toute logique susceptible d’aggraver les tensions.

Pour l’organisation tchadienne, l’Afrique doit être capable de défendre elle-même sa paix et sa stabilité à travers des mécanismes africains, dans le respect de la souveraineté des États et de l’intérêt de leurs populations.

Dans sa lettre, le CCMSR exprime également son soutien au président de la République du Niger ( Présidence De La République Du Niger ), le général Abdourahamane Tiani, ainsi qu’au peuple nigérien.

L’organisation affirme soutenir leur volonté de préserver l’intégrité territoriale, la souveraineté et la stabilité du Niger.

Elle inscrit ce soutien dans une conviction plus large : les peuples africains doivent pouvoir déterminer eux-mêmes leur avenir, loin de toute logique de déstabilisation ou de confrontation imposée de l’extérieur ou alimentée par des intérêts contraires à la paix.

Autre point fort de cette lettre : l’appel lancé aux pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le CCMSR demande au Mali, au Burkina Faso et au Niger de renforcer leur coopération politique, diplomatique et sécuritaire. Face aux menaces transfrontalières et aux forces que l’organisation estime susceptibles de chercher à fragiliser les États de la région, elle met en avant trois mots d’ordre : unité, vigilance et solidarité.

Le mouvement appelle ainsi les trois pays à poursuivre et à approfondir leur alliance, dans un esprit de responsabilité, de coopération entre les peuples et de recherche de solutions durables aux crises qui affectent le Sahel.

Pour le CCMSR, le Niger occupe une position stratégique dans l’équilibre sécuritaire régional.

La lettre établit un lien direct entre la stabilité du Niger, celle du Sahel et, plus largement, celle de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. « La paix au Niger est une condition essentielle de la paix au Sahel », soutient l’organisation.

Cette vision conduit le CCMSR à appeler les États africains à dépasser les logiques nationales et à faire de la responsabilité collective un principe central dans la gestion des crises régionales.

La conclusion de la lettre prend la forme d’un avertissement et d’un appel à la solidarité.

Pour le CCMSR, le Niger ne doit pas être laissé seul face aux menaces qui pèsent sur sa stabilité. L’organisation invite l’Afrique à parler avec responsabilité, à agir avec discernement et à transformer la solidarité entre ses peuples en principe concret.

Elle demande finalement à la CEDEAO et à la CEEAC de s’engager davantage dans la prévention de toute escalade et de toute déstabilisation, tout en appelant les pays de l’AES à consolider leur unité afin de faire face, par des moyens conformes au droit et dans l’intérêt de la paix, à toute initiative susceptible de menacer la sécurité de leurs États et de leurs populations.

À travers cette lettre ouverte, le CCMSR place donc la question nigérienne dans une perspective résolument régionale. Son message est clair : prévenir l’escalade, préserver la souveraineté des États, privilégier les mécanismes africains de règlement des crises et renforcer la solidarité entre les pays du Sahel.

Dans un contexte présenté par l’organisation comme marqué par des risques de déstabilisation, le CCMSR exhorte ainsi les institutions africaines à agir avec responsabilité et discernement afin d’éviter qu’une crise au Niger ne se transforme en une menace plus large pour la stabilité du Sahel et du continent..

Par Abdoulaye Diallo dit Honorable Sénateur Abdoul Diallo