PLAN D’ACTION DE REINSTALLATION : L’APIX détaille la réalisation de la phase 2 du TER

Le projet de Train Express Régional Dakar – Diamnadio – AIBD, l’APIX a mis en ligne un document pour présenter le Plan d’Action de Réinstallation (PAR). Ils annoncent que le budget global du PAR est de 7 284 430 202 FCFA avec le détail des investissements.
Dans le cadre du Plan Sénégal Émergent qui vise à placer le pays sur une trajectoire de croissance durable, l’État du Sénégal, après avoir conçu et mis en œuvre plusieurs projets d’infrastructures routières, a choisi de développer sur le secteur ferroviaire pour augmenter l’offre de mobilité nationale et ouvrir le Sénégal vers la sous-région. Cette solution structurante qui prend en charge le déplacement des biens et des personnes est privilégiée pour la sécurité qu’elle offre, la fiabilité ainsi que les retombées économiques qu’elle génère. La satisfaction de la demande de déplacements des populations en général pour des besoins socioéconomiques, culturels ou de loisirs ainsi que ceux des usagers de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) justifie le choix de l’État du Sénégal de doter la zone Dakar-Diamniadio-Thiès-Mbour d’un système de transport performant. C’est ainsi qu’il a initié le Projet de Train Express Régional (TER) Dakar-Diamniadio-AIBD qui s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme national d’amélioration et de modernisation des infrastructures de transport. Un premier tronçon ferroviaire de 36 km entre Dakar et Diamniadio a été mis en service le 27 décembre 2021. L’État du Sénégal a choisi de poursuivre son action dans le domaine ferroviaire avec la réalisation de l’axe compris entre Diamniadio et le nouvel Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) situé à Diass, à environ 50 km de la ville de Dakar. La maîtrise d’ouvrage de ce tronçon de 19 km a été déléguée par l’État à l’Agence en charge de la Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX S.A.) comme pour le premier tronçon. Le TER traverse deux régions (Dakar et Thiès), deux départements (Rufisque et Thiès) et trois communes (Diamniadio, Sébikotane et Keur Moussa). Au-delà des effets positifs du Projet TER qui ont justifié la décision de l’État du Sénégal à poursuivre la desserte jusqu’à l’AIBD, le projet va provoquer des conséquences négatives liées au déplacement involontaire avec des pertes d’actifs. L’acquisition des emprises nécessaires au projet obéit aux lois nationales dont celle portant expropriation pour cause d’utilité publique ainsi qu’aux politiques de sauvegardes environnementales et sociales des partenaires techniques et financiers. Le système de sauvegarde intégré de la BAD, plus précisément la norme S02 qui traite de la réinstallation involontaire exige l’élaboration d’un document de planification pour prendre en charge les conséquences liées aux déplacements involontaires. Le PAR détaille ainsi l’ensemble des mesures à mettre en œuvre pour veiller à ce que le Projet de Train Express Régional soit réalisé sans causer de préjudices aux personnes ou organisations qui pourraient être négativement affectées par le projet, que ce soit temporairement ou de façon permanente. Il guide ainsi le processus d’indemnisation, les opérations de libération d’emprise et la mise en œuvre des déplacements physiques et économiques des PAP. Il convient de préciser le contexte général dans lequel le PAR a été entamé. La période d’entame de l’élaboration a coïncidé avec la situation de crise sanitaire liée à la COVID-19. Ainsi, à côtés des opérations sur le terrain, certaines données, notamment socioéconomiques, ont été obtenues dans le cadre de campagnes téléphoniques du fait des restrictions des déplacements, des rassemblements et des mesures sanitaires en vigueur. Le PAR initialement élaboré par le Gouvernement du Sénégal sans être soumis à l’appréciation de la Banque, a été finalisé et soumis à la validation des structures nationales habilitées, en l’occurrence le Comité ad hoc. Après sa validation le 29 mars 2022 par les instances nationales et d’autres bailleurs, l’État du Sénégal a entamé et même réceptionné certains travaux et déjà payés 84% des PAP avant la validation préalable des instruments E&S y relatif par la Banque comme l’exige le SSI. Toutefois, le PAR validé par les instances nationales compétentes ne répondant pas à toutes les exigences de la Banque en matière de sauvegardes sociales, il a été retenu de le réviser en fonction. L’objectif est de s’assurer, qu’en plus de la prise en compte des exigences des autres bailleurs, celles stipulées dans le système de sauvegarde intégré le BAD sont bien prises en compte :
▪ Six (06) ponts rail (PRA) : il s’agit d’ouvrages neufs qui vont franchir des routes et cours d’eau pour garantir le rétablissement de la circulation.
▪ Quatre (4) ponts routes (PRO) : trois permettront le franchissement des routes et mitiger l’effet barrière et un dernier permettra d’accéder à AIBD.
▪ Une (1) passerelle : au niveau de Sébikotane-Est, dans la zone urbanisée (PK 43+300), d’une hauteur de 6,43 m par rapport au gabarit ferroviaire et de 4,85m par rapport au gabarit routier pour une largeur de 3m en cohérence avec les autres passerelles de la ligne existante.
▪ Un (1) saut de mouton : il est prévu la réalisation d’un saut de mouton au PK 41+160 permettant le franchissement de la double voie métrique VM ainsi que la voie déviée vers Thiès.
▪ Autres ouvrages hydrauliques : Trente-six (36) ouvrages hydrauliques sont réparties sur le tronçon Diamniadio-AIBD et assurent la transparence hydraulique. Leur répartition et conception évitera l’effet d’écran qu’aurait pu constituer le TER si ces dispositions n’étaient pas prises, évitant ainsi les risques d’inondation. Elles sont réparties ainsi qui suit :
questions sociales, urbaines et environnementales entre autres. C’est dans ce cadre qu’une demande d’autorisation de lotir a été déposée auprès des services compétents et un avis favorable délivré après instruction. La Direction de l’Environnement et des Établissements Classés a été saisie dans le même esprit pour connaître la nature des études environnementales à effectuer. La DEEC a retenu de procéder durant le mois d’août 2023 à une visite sur site en vue de préciser la forme et les contours de cette étude. Il convient de préciser l’instruction de la demande d’autorisation d’urbanisme a pris en compte certaines questions d’intérêt environnemental avant d’aboutir à un avis favorable. Il s’agit entre autres, des sources d’approvisionnement en eau du projet, de la gestion des effluents, de l’équilibre dans la distribution des services urbains au niveau du site, de la présence d’espace végétalisés. Les études qui seront recommandées par la DEEC permettront d’établir un PGES spécifique au site. En attendant cela, le projet d’aménagement a l’avantage d’avoir été confié à une entreprise qui œuvre déjà dans le projet sur d’autres travaux et qui a ainsi une bonne connaissance des exigences applicables au projet en matière environnementale et sociale. L’entreprise dispose d’un PGES chantier qui a déjà été mis à profit dans le cadre des travaux préliminaires. Ce document sera remplacé ou mis à jour après la validation des études environnementales conformément aux recommandations de la DEEC.
Calendrier d’exécution
La mise en œuvre du PAR passe par une phase de validation par le Comité ad hoc de supervision des opérations de libération des emprises des grands projets de l’État. Ensuite, le processus de mise en œuvre tel que décrit dans la partie consacrée se déroule avec les phases d’information, de passage en commission, de traitement des dossiers, de paiement, de libération des emprises et de suivi de la réinstallation. La mise en œuvre du PAR a déjà démarré depuis la validation du document initial par le comité ad hoc le 29 mars 2022. À ce jour 84% des PAP sont déjà passées en commission de conciliation avec un taux de paiement de 80%. Sur les 19 km du tronçon du projet, 600 mètres restent à être mis à la disposition des entreprises de travaux. Les paiements et les opérations de démolition se poursuivent au fur et mesure pour permettre l’exécution des travaux sur l’ensemble des emprises. La mise en œuvre de l’accompagnement social a également démarré avec les opérations de paiements initiaux. À ce titre, les PAP déplacées ont toutes bénéficié d’aide au déménagement. Les PAP éligibles au recasement ont bénéficié d’une aide au relogement sur 06 mois qui sera reconduite de manière adaptative à chaque PAP en fonction de la date de mise à disposition effective de sa parcelle sur le site de recasement. Les travaux préalables à la remise des parcelles aux PAP résidents sont déjà effectués. La mise à disposition des assiettes se fera de manière participative et transparente autour du Gouverneur entre les mois de juin et juillet.
Coût du PAR
Le budget global de mise en œuvre du PAR est de 7 284 430 202 F CFA. Initialement le budget prévisionnel des indemnisations, issu des données du recensement était arrêté au montant de 4 milliards, en comité ad hoc. Entre la fin du recensement et le démarrage des commissions de conciliation plusieurs PAP ont eu à continuer leurs travaux de construction en faisant fi du cut off day qui leur a été bien signifié. En effet le recensement a été effectué en 2020. Toutefois les constats effectués sur site après cette période, montrent que certaines PAP ont continué les travaux entamés au niveau de leur habitat. Afin de prendre en charge ces coûts supplémentaires induits par ces évolutions, et pour ne pas léser ces PAP, le Projet a considéré nécessaire de procéder à la réévaluation des impenses afin d’ajuster les données. Ce montant de 7,8 milliards prend en compte les indemnisations dues aux PAP au titre des pertes d’impenses ainsi que les montants prévus pour l’accompagnement social et la restauration de moyens de subsistance, notamment les rubriques liées aux appuis au déménagement et à la réinstallation temporaire. En effet, une aide au relogement de 6 mois qui est prolongée au prorata du temps d’indisponibilité du site pour chaque PAP suivant les dates de paiement ont été intégrées dans l’indemnisation. Ceci a un impact de financier à hauteur de 3 milliards sur le budget initial.
La réalisation de la phase 2 du Train Express Régional soulève des enjeux environnementaux et sociaux accentués par le déplacement involontaire. Le PAR permet de planifier la réinstallation pour maitriser les implications socioéconomiques qui découlent de la libération des emprises. La réussite de la mise en œuvre du PAR est pour le projet, un enjeu majeur qui contribuera aux retombées positives qui en découleront, au-delà de l’amélioration de la mobilité et des externalités positives du projet (emploi, amélioration du cadre de vie, etc.). Etant donné que la mise en œuvre du projet, notamment de la mise en œuvre du PAR initial non validé par la Banque, est assez avancée, un audit de conformité E&S de la mise en œuvre des mesures E&S a été commandité et devrait permettre de disposer d’un plan d’action correctif qui devra être mis en œuvre par l’Etat du Sénégal pour régularisation des éventuelles non-conformités observées.
Programme de suivi-évaluation
La réussite du projet TER dépend fortement du suivi de la mise en œuvre pour s’assurer du respect des objectifs visés par le programme de réinstallation ainsi que pour prévenir et corriger à temps les écarts éventuels. Il convient pour cela, de mettre à contribution les parties prenantes utiles suivant les sujets en jeu, de définir les points de vigilances, les indicateurs pertinents capables de rendre compte d’exigences attendues et la fréquence du suivi spécifique. L’évaluation du processus revêt également une importance capitale car elle permet de réaliser le bilan des opérations de la mise en œuvre du PAR à différentes étapes du projet. Les résultats obtenus peuvent être utilisés dans l’ajustement du programme de réinstallation au besoin et ouvrent des perspectives en matière de capitalisation. Ce dispositif de suivi des activités de déplacements involontaires et de réinstallation consiste à définir des objectifs de suivi, de sélectionner des indicateurs de suivi, de collecter les données sur la base des activités réalisées ou sur la base d’enquêtes complémentaires et de procéder à l’analyse qui fera l’objet d’un rapport périodique. Le périmètre de ce dispositif s’étend des activités d’information et de sensibilisation aux activités d’accompagnement à la réinstallation des PAP. Le suivi évaluation de la mise en œuvre du PAR est nécessaire pour s’assurer qu’on exécute toutes les activités du PAR dans les délais impartis et qu’on respecte intégralement les procédures en conformité avec les exigences nationales et celles de la Banque. Lorsque des déficiences ou des difficultés sont observées, le suivi et l’évaluation permettent d’enclencher des mesures correctives appropriées.
Les objectifs de suivi visent à :
- s’assurer que la meilleure alternative a été retenue dans le choix de l’emprise afin d’éviter et/ou de minimiser autant que possible tout déplacement involontaire et que celle-ci occasionne un moindre impact social, environnemental, économique et financier ;
- veiller à ce que l’acquisition des terrains nécessaires à la réalisation du projet soit conforme au respect des droits des personnes impactées tels qu’édicté par les lois et règlements ainsi que les normes internationales en matière d’expropriation et de réinstallation involontaire ;
- impliquer et informer les parties prenantes dans les différentes étapes du processus du plan de réinstallation involontaire ;
- assurer une évaluation juste des pertes, une indemnisation rapide du coût de remplacement des biens perdus et une assistance substantielle de réinstallation aux PAP, de sorte que leur niveau de vie, leurs capacités à générer des revenus, leurs capacités de production et l’ensemble de leurs moyens de subsistance soient au moins égaux à leur situation d’avant le projet ;
- améliorer les conditions de vie des personnes vulnérables qui sont déplacées physiquement en leur garantissant une réinstallation adéquate, l’accès aux services et aux équipements.
- documentation existante ;
- résultats des recensements et enquêtes menés au cours de la mission ;
- résultats des consultations auprès des PAP qui seront menées au cours de la mission. La rédaction du rapport a tenu compte de tous les aspects cités notamment les résultats de l’évaluation des compensations, l’analyse socio-économique, et les consultations publiques.
▪ Six (06) ponts rail (PRA) : il s’agit d’ouvrages neufs qui vont franchir des routes et cours d’eau pour garantir le rétablissement de la circulation.
▪ Quatre (4) ponts routes (PRO) : trois permettront le franchissement des routes et mitiger l’effet barrière et un dernier permettra d’accéder à AIBD.
▪ Une (1) passerelle : au niveau de Sébikotane-Est, dans la zone urbanisée (PK 43+300), d’une hauteur de 6,43 m par rapport au gabarit ferroviaire et de 4,85m par rapport au gabarit routier pour une largeur de 3m en cohérence avec les autres passerelles de la ligne existante.
▪ Un (1) saut de mouton : il est prévu la réalisation d’un saut de mouton au PK 41+160 permettant le franchissement de la double voie métrique VM ainsi que la voie déviée vers Thiès.
▪ Autres ouvrages hydrauliques : Trente-six (36) ouvrages hydrauliques sont réparties sur le tronçon Diamniadio-AIBD et assurent la transparence hydraulique. Leur répartition et conception évitera l’effet d’écran qu’aurait pu constituer le TER si ces dispositions n’étaient pas prises, évitant ainsi les risques d’inondation. Elles sont réparties ainsi qui suit :
- 7 ouvrages hydrauliques existants sur la ligne à partir du PK38+250 qui seront remplacés et redimensionnées pour s’adapter au débit ajusté suivant les résultats des études hydrauliques et hydrographiques ;
- 21 ouvrages sont implantés au niveau des points bas topographiques repérés suite à l’analyse du levé LIDAR ;
- 03 ouvrages, en plus du PRA-OH-38290-0 et du PRA-OH-41080-0, rétablissent des écoulements marqués et ont fait l’objet d’une modélisation hydraulique. Il s’agit des PRA hydrauliques 41+630-0 et 45+050-0 et de l’ouvrage hydraulique 51+840-0
- 05 ouvrages sont des ouvrages de décharge, associés à une zone inondable et non calés à un point bas géographique.
- l’agriculture : la zone accueille entre le PK 38+500 et PK 39+00, le bassin horticole de Diamniadio au Nord de la ligne métrique ;
- l’élevage : entre le PK 38+300 et le PK 39+400 au Nord de la voie métrique, il y a une zone de parcours et des points d’abreuvage du bétail grâce à la présence de l’eau, notamment pendant la saison des pluies ;
- les services : le transport des biens et des personnes ;
- le commerce ; et
- la pêche dans une moindre mesure.
- habitation ;
- agropastoralisme ;
- infrastructures socioéconomiques ;
- espaces naturels ;
- établissements industriels.
- Conventions internationales ratifiées par le Sénégal et pertinentes pour le projet En plus de cette réglementation nationale, le Sénégal a souscrit à un certain nombre de conventions internationales qui couvrent les domaines ci-après, (i) la convention de la Biodiversité et le Patrimoine National (Nairobi, Décembre 1993), (ii) la Convention sur la Lutte contre la Désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification (Paris, juin 1994), (iii) la Convention de Rotterdam, (iv) la Convention de Stockholm, (v) la Convention Ramsar (1971) qui vise la protection des zones humides, (vi) la Convention Internationale sur la Convention de la Nature et des Ressources Naturelles (Alger, 1968), (vii) la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et de leur élimination (1989), (viii) la Convention sur les Changements Climatiques (Rio 1992), (ix) la Convention de Rome sur la protection des végétaux, (x) la Convention de Paris sur la protection du Patrimoine mondial, culturel et naturel, (xi) la Convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, (xii) la Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone, (xiii) le Protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche d’ozone et (xiv) l’Accord de Paris sur le climat (2016)
- Autres cadres Le Projet TER est financé par l’État du Sénégal avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers. Ainsi, au-delà du cadre national, sa réalisation obéit à un cadre extranational avec notamment les politiques de sauvegarde internationales et les bonnes pratiques tirés dans différents projets déjà menés par l’État.
questions sociales, urbaines et environnementales entre autres. C’est dans ce cadre qu’une demande d’autorisation de lotir a été déposée auprès des services compétents et un avis favorable délivré après instruction. La Direction de l’Environnement et des Établissements Classés a été saisie dans le même esprit pour connaître la nature des études environnementales à effectuer. La DEEC a retenu de procéder durant le mois d’août 2023 à une visite sur site en vue de préciser la forme et les contours de cette étude. Il convient de préciser l’instruction de la demande d’autorisation d’urbanisme a pris en compte certaines questions d’intérêt environnemental avant d’aboutir à un avis favorable. Il s’agit entre autres, des sources d’approvisionnement en eau du projet, de la gestion des effluents, de l’équilibre dans la distribution des services urbains au niveau du site, de la présence d’espace végétalisés. Les études qui seront recommandées par la DEEC permettront d’établir un PGES spécifique au site. En attendant cela, le projet d’aménagement a l’avantage d’avoir été confié à une entreprise qui œuvre déjà dans le projet sur d’autres travaux et qui a ainsi une bonne connaissance des exigences applicables au projet en matière environnementale et sociale. L’entreprise dispose d’un PGES chantier qui a déjà été mis à profit dans le cadre des travaux préliminaires. Ce document sera remplacé ou mis à jour après la validation des études environnementales conformément aux recommandations de la DEEC.
Calendrier d’exécution
La mise en œuvre du PAR passe par une phase de validation par le Comité ad hoc de supervision des opérations de libération des emprises des grands projets de l’État. Ensuite, le processus de mise en œuvre tel que décrit dans la partie consacrée se déroule avec les phases d’information, de passage en commission, de traitement des dossiers, de paiement, de libération des emprises et de suivi de la réinstallation. La mise en œuvre du PAR a déjà démarré depuis la validation du document initial par le comité ad hoc le 29 mars 2022. À ce jour 84% des PAP sont déjà passées en commission de conciliation avec un taux de paiement de 80%. Sur les 19 km du tronçon du projet, 600 mètres restent à être mis à la disposition des entreprises de travaux. Les paiements et les opérations de démolition se poursuivent au fur et mesure pour permettre l’exécution des travaux sur l’ensemble des emprises. La mise en œuvre de l’accompagnement social a également démarré avec les opérations de paiements initiaux. À ce titre, les PAP déplacées ont toutes bénéficié d’aide au déménagement. Les PAP éligibles au recasement ont bénéficié d’une aide au relogement sur 06 mois qui sera reconduite de manière adaptative à chaque PAP en fonction de la date de mise à disposition effective de sa parcelle sur le site de recasement. Les travaux préalables à la remise des parcelles aux PAP résidents sont déjà effectués. La mise à disposition des assiettes se fera de manière participative et transparente autour du Gouverneur entre les mois de juin et juillet.
Coût du PAR
Le budget global de mise en œuvre du PAR est de 7 284 430 202 F CFA. Initialement le budget prévisionnel des indemnisations, issu des données du recensement était arrêté au montant de 4 milliards, en comité ad hoc. Entre la fin du recensement et le démarrage des commissions de conciliation plusieurs PAP ont eu à continuer leurs travaux de construction en faisant fi du cut off day qui leur a été bien signifié. En effet le recensement a été effectué en 2020. Toutefois les constats effectués sur site après cette période, montrent que certaines PAP ont continué les travaux entamés au niveau de leur habitat. Afin de prendre en charge ces coûts supplémentaires induits par ces évolutions, et pour ne pas léser ces PAP, le Projet a considéré nécessaire de procéder à la réévaluation des impenses afin d’ajuster les données. Ce montant de 7,8 milliards prend en compte les indemnisations dues aux PAP au titre des pertes d’impenses ainsi que les montants prévus pour l’accompagnement social et la restauration de moyens de subsistance, notamment les rubriques liées aux appuis au déménagement et à la réinstallation temporaire. En effet, une aide au relogement de 6 mois qui est prolongée au prorata du temps d’indisponibilité du site pour chaque PAP suivant les dates de paiement ont été intégrées dans l’indemnisation. Ceci a un impact de financier à hauteur de 3 milliards sur le budget initial.
La réalisation de la phase 2 du Train Express Régional soulève des enjeux environnementaux et sociaux accentués par le déplacement involontaire. Le PAR permet de planifier la réinstallation pour maitriser les implications socioéconomiques qui découlent de la libération des emprises. La réussite de la mise en œuvre du PAR est pour le projet, un enjeu majeur qui contribuera aux retombées positives qui en découleront, au-delà de l’amélioration de la mobilité et des externalités positives du projet (emploi, amélioration du cadre de vie, etc.). Etant donné que la mise en œuvre du projet, notamment de la mise en œuvre du PAR initial non validé par la Banque, est assez avancée, un audit de conformité E&S de la mise en œuvre des mesures E&S a été commandité et devrait permettre de disposer d’un plan d’action correctif qui devra être mis en œuvre par l’Etat du Sénégal pour régularisation des éventuelles non-conformités observées.
Programme de suivi-évaluation
La réussite du projet TER dépend fortement du suivi de la mise en œuvre pour s’assurer du respect des objectifs visés par le programme de réinstallation ainsi que pour prévenir et corriger à temps les écarts éventuels. Il convient pour cela, de mettre à contribution les parties prenantes utiles suivant les sujets en jeu, de définir les points de vigilances, les indicateurs pertinents capables de rendre compte d’exigences attendues et la fréquence du suivi spécifique. L’évaluation du processus revêt également une importance capitale car elle permet de réaliser le bilan des opérations de la mise en œuvre du PAR à différentes étapes du projet. Les résultats obtenus peuvent être utilisés dans l’ajustement du programme de réinstallation au besoin et ouvrent des perspectives en matière de capitalisation. Ce dispositif de suivi des activités de déplacements involontaires et de réinstallation consiste à définir des objectifs de suivi, de sélectionner des indicateurs de suivi, de collecter les données sur la base des activités réalisées ou sur la base d’enquêtes complémentaires et de procéder à l’analyse qui fera l’objet d’un rapport périodique. Le périmètre de ce dispositif s’étend des activités d’information et de sensibilisation aux activités d’accompagnement à la réinstallation des PAP. Le suivi évaluation de la mise en œuvre du PAR est nécessaire pour s’assurer qu’on exécute toutes les activités du PAR dans les délais impartis et qu’on respecte intégralement les procédures en conformité avec les exigences nationales et celles de la Banque. Lorsque des déficiences ou des difficultés sont observées, le suivi et l’évaluation permettent d’enclencher des mesures correctives appropriées.
Les objectifs de suivi visent à :
- s’assurer que la meilleure alternative a été retenue dans le choix de l’emprise et qu’elle occasionne un moindre impact social, environnemental, économique et financier ;
- veiller à ce que l’acquisition des terrains nécessaires à la réalisation du projet soit conforme au respect du droit des personnes impactées tels qu’édicté par les lois et règlements ;
- impliquer et informer les parties prenantes (PAP, partenaires institutionnels) dans les différentes étapes du processus du plan de réinstallation involontaire ;
- recenser toutes les personnes affectées par le projet ;
- assurer une évaluation juste des pertes et une indemnisation rapide du coût de remplacement des biens perdus ;
- mettre en œuvre de manière apaisée, la libération des emprises ;
- accompagner les personnes dans leur projet de réinstallation de manière à l’améliorer et la rendre durable ;
- soutenir les personnes vulnérables pour faciliter leur réinstallation. Le suivi-évaluation E&S devra se faire selon une approche participative et la prise en compte du genre. La mise en œuvre du PAR et du PGES fera l’objet d’un suivi interne et externe.
- Le suivi interne par l’équipe de la DSES qui fera l’objet d’un rapport mensuel de mise en œuvre du PAR mais aussi du PGES. Le reportage à la BAD prévoit la production d’un rapport mensuelle de mise en œuvre du PAR et du PGES.
- En termes de suivi externe, la surveillance et le contrôle environnementale et sociale doit être exécuté par la DEEC structure compétente en la matière au Sénégal. Le suivi externe sera aussi effectué par l’équipe E&S de la Banque Africaine de Développement via les rapports mensuels transmis et via les supervisions sur le terrain.