POLITIQUE : L’APR dénonce une révision constitutionnelle sans consultation populaire

POLITIQUE : L’APR dénonce une révision constitutionnelle sans consultation populaire

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) a procédé à un examen approfondi de la situation nationale et a exprimé sa vive préoccupation face aux difficultés que traverse actuellement le Sénégal.

Selon le SEN, le pays est plongé dans une phase de fortes turbulences caractérisée par une dégradation continue des conditions de vie des populations, une érosion du pouvoir d’achat, la persistance du chômage, la recrudescence des coupures d’électricité, des incertitudes économiques ainsi qu’une crise institutionnelle fragilisant la confiance des citoyens et des investisseurs.

Une situation sociale et économique préoccupante

Dans son analyse, le SEN estime que les Sénégalais attendent avant tout des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes. Or, le pouvoir en place semble davantage préoccupé par des querelles de positionnement politique, des luttes de leadership et des réformes institutionnelles dont l’urgence n’est pas démontrée.

L’APR souligne notamment la flambée du coût de la vie, la montée du chômage, les difficultés d’accès à l’emploi et les coupures d’électricité de plus en plus récurrentes, autant de facteurs qui alimentent l’inquiétude des populations quant aux perspectives économiques du pays.

Une révision constitutionnelle contestée

Le SEN s’est particulièrement penché sur le communiqué du Bureau de l’Assemblée nationale annonçant une proposition de révision constitutionnelle portée par les députés de la majorité parlementaire.

Pour l’APR, cette initiative constitue « une énième forfaiture politique contre la souveraineté du peuple » après l’installation du président de l’Assemblée nationale « en violation de l’article 54 de la Constitution ».

Le parti dénonce une réforme engagée sans véritable débat démocratique, sans consensus national et sans urgence nationale pouvant la justifier. Il considère qu’une telle démarche représente une grave entorse aux règles démocratiques.

Des rivalités au sommet de l’État

L’APR critique également la « regrettable lutte de paternité » entourant cette réforme entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Selon le parti, chacun chercherait à s’attribuer le mérite de l’initiative, révélant ainsi les rivalités qui minent actuellement le sommet de l’État.

Le SEN s’étonne par ailleurs de l’initiative parlementaire qu’il qualifie de « singulièrement cavalière », estimant qu’elle tente de supplanter l’initiative présidentielle alors même que le projet de réforme du chef de l’État avait déjà été soumis au Conseil constitutionnel pour avis.

Un manque de concertation dénoncé

L’APR reproche au Bureau de l’Assemblée nationale de n’avoir engagé aucune concertation préalable avec les forces politiques, la société civile, les organisations professionnelles, les universitaires ou les citoyens.

Pour le parti, cette méthode est contraire à l’esprit d’une réforme constitutionnelle censée refonder le pacte républicain. Il affirme que la refondation de l’architecture institutionnelle du Sénégal mérite un débat national approfondi, contradictoire et inclusif, ainsi qu’une consultation directe du peuple sénégalais, seul détenteur de la souveraineté nationale.

Le choix du cadre restreint de l’Assemblée nationale plutôt que celui d’une consultation populaire donnerait, selon l’APR, l’impression d’une volonté d’imposer une réforme « à marche forcée » sans permettre aux Sénégalais de se prononcer sur l’avenir de leurs institutions.

L’exigence d’un référendum

L’APR considère comme inacceptable que des modifications aussi profondes de la Constitution puissent être engagées sans l’approbation directe du peuple sénégalais souverain par voie référendaire.

« Une Constitution n’appartient ni à un gouvernement, ni à une majorité parlementaire, ni à une coalition politique. Elle appartient au peuple sénégalais qui doit demeurer le premier et le seul arbitre de son évolution », souligne le communiqué du SEN.

Pour le parti, cette réforme apparaît davantage comme le produit des tensions et des rivalités internes au pouvoir que comme l’expression d’une véritable volonté de renforcer la démocratie sénégalaise.