RISQUE DE PENURIE DE MOUTONS IMPORTES DU MALI : Le blocus du JNIM menace la Tabaski

RISQUE DE PENURIE DE MOUTONS IMPORTES  DU MALI : Le blocus du JNIM menace la Tabaski

Le Mali traverse depuis plusieurs semaines une nouvelle phase d’instabilité sécuritaire marquée par des attaques coordonnées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Les assauts menés fin avril 2026 contre plusieurs positions militaires, notamment à Bamako, Kati et dans le nord du pays, ont profondément secoué les autorités maliennes et provoqué une montée des tensions dans toute la sous-région. Ces violences ont même conduit à la mort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, dans une attaque revendiquée par les groupes armés.

Dans la foulée de cette offensive, le JNIM a annoncé un blocus de Bamako et de plusieurs grands axes routiers stratégiques reliant le Mali à ses voisins ouest-africains. Cette situation commence déjà à inquiéter les commerçants et les transporteurs sénégalais, à quelques semaines de la fête de la Tabaski, période durant laquelle le Sénégal importe traditionnellement des milliers de moutons maliens.

Selon plusieurs sources, les combattants jihadistes ont installé des barrages et multiplié les menaces sur les corridors routiers Bamako-Dakar, Bamako-Côte d’Ivoire et Bamako-Mauritanie. Des files de véhicules immobilisés ont été signalées sur plusieurs tronçons, tandis que des transporteurs préfèrent suspendre leurs rotations par crainte d’attaques ou d’enlèvements.

Le corridor Bamako-Dakar est particulièrement sensible pour le Sénégal. Chaque année, une importante partie du cheptel destiné à la Tabaski transite par cette route avant d’atteindre les marchés sénégalais. Or, avec l’insécurité grandissante et les difficultés de circulation, de nombreux opérateurs redoutent une forte perturbation de l’approvisionnement.

En parallèle, le JNIM maintient également une pression sur l’approvisionnement en carburant au Mali. Depuis plusieurs mois, des attaques ciblant des camions-citernes et des convois logistiques ont été enregistrées sur différents axes. Cette stratégie a déjà provoqué des pénuries de carburant à Bamako et dans plusieurs régions maliennes, avec des conséquences directes sur le transport routier et le coût des marchandises.

Les groupes armés cherchent ainsi à asphyxier économiquement le Mali en perturbant les échanges commerciaux avec les pays voisins. Les transporteurs maliens et sénégalais évoquent désormais un climat de peur permanent sur les routes, notamment dans les zones de Kayes, Koulikoro et Sikasso, considérées comme des passages obligés pour les échanges sous-régionaux.

Cette situation intervient au pire moment pour le Sénégal, à l’approche de la Tabaski. La fête musulmane entraîne chaque année une forte demande en moutons, dont une grande partie provient du Mali. Si les difficultés de transport persistent, le marché sénégalais pourrait faire face à une baisse importante de l’offre, avec un risque de flambée des prix dans les points de vente.

Déjà, certains importateurs sénégalais craignent des retards dans l’acheminement du bétail vers Dakar et les autres régions du pays. Le blocage des routes, l’insécurité et la hausse des coûts du transport pourraient compliquer davantage les opérations d’importation et accentuer les tensions sur le marché du mouton à quelques semaines de la Tabaski. Cheikh GUEYE