Russie-Afrique : le deuxième Dialogue sur les matières premières appelle à renforcer la coopération minière et la formation des ingénieurs

Russie-Afrique : le deuxième Dialogue sur les matières premières appelle à renforcer la coopération minière et la formation des ingénieurs

Réunis le 14 octobre 2026 à Saint-Pétersbourg, en Russie, plus de 600 délégués issus de plus de 40 pays africains et de 130 organisations ont adopté une déclaration appelant au renforcement du partenariat russo-africain dans le secteur des matières premières. Le document met l'accent sur la souveraineté des ressources naturelles, la transformation locale, le transfert de technologies, la formation des compétences et la mise en place de mécanismes financiers durables. Les participants souhaitent également que leurs propositions soient prises en compte lors du troisième Sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre 2026.

Le deuxième Dialogue russo-africain sur les matières premières s'est achevé le 14 octobre 2026 à l'Université minière de Saint-Pétersbourg de l'impératrice Catherine II, en Russie, par l'adoption d'une déclaration destinée aux gouvernements des pays participants au troisième Sommet Russie-Afrique.

Le document s'inscrit dans la continuité des engagements pris lors du deuxième Sommet Russie-Afrique, tenu à Saint-Pétersbourg le 28 juillet 2023, ainsi que de la déclaration issue du premier Dialogue russo-africain sur les matières premières, organisé le 31 octobre 2025 dans la même ville.

Les participants entendent ainsi consolider un partenariat fondé sur l'égalité, le développement conjoint et le renforcement des capacités des pays africains dans le secteur minier.

La souveraineté minière au cœur du partenariat russo-africain

Dans leur déclaration, les participants soulignent que le secteur minier et des matières premières constitue un pilier essentiel du développement et de la souveraineté des pays africains.

Ils préconisent la mise en œuvre de projets capables de favoriser la création de chaînes de production complètes à forte valeur ajoutée, afin de permettre aux pays africains de tirer davantage profit de leurs ressources naturelles. Cette orientation implique notamment le renforcement des capacités nationales, le développement de compétences techniques et la promotion de la transformation locale des matières premières.

L'objectif est de dépasser une approche essentiellement fondée sur l'extraction et l'exportation des ressources brutes, en encourageant le développement d'activités industrielles et technologiques génératrices de valeur ajoutée.

La formation d'un corps national d'ingénieurs des mines est également présentée comme un élément central de cette stratégie, destinée à soutenir le développement du secteur et à renforcer l'autonomie des pays africains.

Création d'un centre russo-africain dédié aux compétences et à la recherche

Pour renforcer la coopération en matière de développement des compétences, de recherche scientifique et de transfert des meilleures pratiques, les participants annoncent la création du Centre russo-africain de soutien en matière de ressources humaines et scientifiques et de développement du complexe minier et des matières premières de l'Afrique.

Cette structure aura pour mission de contribuer au développement du secteur minier africain, en favorisant la coopération entre les institutions russes et africaines, les universités, les organisations professionnelles et les acteurs économiques.

Ses fondateurs seront le Centre national russe « Corps des ingénieurs des mines », créé par décret présidentiel russe du 26 février 2026, et l'Association des universités africaines (AAU).

Le Centre international de compétences pour la formation en ingénierie minière, placé sous les auspices de l'UNESCO, est désigné comme instrument de mise en œuvre de cette initiative.

À travers ce dispositif, les participants souhaitent renforcer les échanges de connaissances et développer des mécanismes de coopération adaptés aux besoins du secteur minier africain.

Renforcer la formation des ingénieurs et des cadres africains

La formation des ressources humaines constitue l'un des principaux axes de la déclaration. Les participants recommandent l'adoption d'un système de formation continue des ingénieurs, conduisant à l'attribution de la qualification de « master-technologue ».

Ce modèle vise à garantir aux futurs professionnels une maîtrise approfondie des connaissances fondamentales et des compétences pratiques indispensables au fonctionnement des installations et des entreprises minières modernes.

Le texte prévoit également le renforcement de la formation des gestionnaires africains à travers une participation accrue au programme international de reconversion professionnelle « Subsoil – Mineral Resources Management », de niveau MBA.

Considéré comme l'un des programmes de référence dans le domaine des matières premières, ce dispositif devrait bénéficier d'un mécanisme de soutien sous forme de bourses, afin de faciliter la participation des candidats africains.

Les signataires estiment par ailleurs nécessaire d'améliorer les mécanismes d'accréditation professionnelle et publique des programmes éducatifs et des qualifications. Cette démarche comprendrait l'évaluation de la qualité des formations, la création de registres de spécialistes accrédités et la mise en place de mécanismes de reconnaissance mutuelle des compétences.

L'ambition est de favoriser la mobilité professionnelle et de garantir des niveaux de qualification adaptés aux exigences de l'industrie minière.

Vers des normes communes et une reconnaissance internationale des compétences

La déclaration recommande également l'application pratique de la Norme internationale de formation des ingénieurs miniers (ISREE) pour évaluer les compétences professionnelles des ingénieurs des mines.

Les participants proposent de renforcer l'intégration de cette démarche avec les programmes de l'UNESCO, les normes de l'Organisation internationale de normalisation (ISO) et les systèmes de reporting environnemental, social et de gouvernance (ESG).

Ils préconisent en outre la création d'un Conseil russo-africain des organisations professionnelles d'ingénierie, ainsi que le lancement des travaux visant à élaborer un mécanisme international de reconnaissance professionnelle des ingénieurs des mines russes et africains.

Ces propositions visent à favoriser l'harmonisation des pratiques professionnelles et à améliorer la reconnaissance des qualifications dans les deux espaces.

Une association de jeunes ingénieurs et un programme pratique Russie-Afrique

Pour préparer une nouvelle génération de spécialistes, les participants recommandent la création de l'Association russo-africaine des jeunes ingénieurs.

Ils proposent également de lancer le programme international pratique « Pratique de l'ingénieur : Russie – Afrique », d'une durée de deux semaines. Celui-ci devrait permettre aux jeunes professionnels de renforcer leurs compétences à travers une expérience concrète et des échanges entre les milieux techniques russes et africains.

Les signataires souhaitent par ailleurs soumettre à l'UNESCO une proposition visant à placer ce programme sous son patronage.

Cette initiative s'inscrit dans une volonté plus large de rapprocher les jeunes ingénieurs, de développer les échanges professionnels et de favoriser le partage d'expériences entre les établissements de formation et les acteurs industriels des deux parties.

Élargir l'accès à l'enseignement supérieur russe en Afrique

L'accès à l'éducation et le renforcement des liens universitaires occupent également une place importante dans les recommandations.

Les participants soutiennent l'extension du réseau des Maisons russes et des centres de langue russe en Afrique, ainsi que le développement de cours préparatoires à l'entrée dans les universités russes et le perfectionnement des enseignants.

Ils proposent de faire évoluer les modalités d'attribution des places financées par le gouvernement russe pour les étudiants étrangers. L'objectif est de passer progressivement des candidatures individuelles à une commande ciblée formulée par les États africains et les entreprises russes et africaines concernées.

Cette approche permettrait de déterminer à l'avance le nombre de places disponibles, les universités d'accueil et les domaines d'études, en fonction des besoins de formation exprimés par les pays et les entreprises.

Les participants envisagent également de rétablir un système de représentation officielle des universités russes auprès des Maisons russes implantées en Afrique, afin de faciliter l'information, l'orientation et l'accompagnement des étudiants.

Des mécanismes financiers pour soutenir les projets conjoints

Conscients de l'importance des ressources financières pour concrétiser les initiatives proposées, les signataires appellent à la mise en place de mécanismes de financement et de règlement durables pour les projets conjoints dans le secteur des matières premières.

Ils soutiennent notamment l'élargissement du recours aux règlements en monnaies nationales et l'accélération de la mise en œuvre de mécanismes de compensation.

Ces instruments sont présentés comme des moyens de faciliter les transactions économiques, de soutenir les échanges commerciaux et de contribuer au financement des projets de coopération minière entre la Russie et les pays africains.

Leur développement devrait accompagner les initiatives industrielles, scientifiques et éducatives envisagées dans le cadre du partenariat russo-africain.

Les recommandations soumises au troisième Sommet Russie-Afrique

Dans le dernier volet de leur déclaration, les participants chargent le comité d'organisation du Dialogue de transmettre le document au comité d'organisation du troisième Sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, afin qu'il soit pris en compte dans les documents finaux de cette rencontre.

Ils recommandent également d'institutionnaliser le Dialogue russo-africain sur les matières premières en organisant ses prochaines éditions au moins une fois tous les deux ans.

Cette proposition vise à assurer la continuité des échanges, à suivre la mise en œuvre des engagements et à maintenir un cadre régulier de concertation entre les acteurs russes et africains du secteur.

Adoptée le 14 octobre 2026 à Saint-Pétersbourg, la déclaration réunit les propositions de plus de 600 délégués représentant plus de 40 pays africains et 130 organisations.

À travers ce texte, les participants entendent faire du secteur des matières premières un levier de coopération économique, industrielle, scientifique et éducative entre la Russie et l'Afrique. La transformation locale des ressources, le développement des compétences, le transfert de technologies et la mobilisation de financements durables figurent parmi les priorités qu'ils souhaitent porter à l'attention des dirigeants lors du prochain Sommet Russie-Afrique. Soda SALL