SOUTIEN A MONSIEUR AMADOU LY PRESIDENT DU CIS NE TUEZ PAS LE SECTEUR PRIVÉ NATIONAL ! Déclaration de Pierre Goudiaby Atépa Ancien Président du Club des Investisseurs Sénégalais (CIS)

SOUTIEN A MONSIEUR AMADOU LY PRESIDENT DU CIS NE TUEZ PAS LE SECTEUR PRIVÉ NATIONAL ! Déclaration de Pierre Goudiaby Atépa Ancien Président du Club des Investisseurs Sénégalais (CIS)

Il arrive un moment dans la vie d’une nation où le silence devient une forme de renoncement.

Ce moment est arrivé.

Je voudrais aujourd’hui élever la voix, non pas pour défendre des intérêts particuliers, encore moins pour solliciter des privilèges, mais pour rappeler une vérité fondamentale :

AUCUN PAYS AU MONDE NE S’EST DÉVELOPPÉ EN DÉTRUISANT SON PROPRE SECTEUR PRIVÉ.

Ni les États-Unis, ni la Chine, ni le Japon, ni la Corée du Sud, ni les grandes puissances européennes n’ont bâti leur prospérité en affaiblissant systématiquement leurs entrepreneurs nationaux. Bien au contraire. Ils les ont accompagnés, protégés dans le respect de leurs lois, encouragés à grandir et soutenus dans leur conquête des marchés internationaux.

Pourquoi le Sénégal devrait-il emprunter le chemin inverse ? Pourquoi nos entrepreneurs devraient-ils être constamment suspectés, fragilisés, exposés à la vindicte publique, alors même qu’ils investissent, créent des emplois, prennent des risques et contribuent à la richesse nationale ?

À FORCE DE FRAGILISER NOS ENTREPRISES, C’EST LE SÉNÉGAL LUI-MÊME QUE NOUS FRAGILISONS.

Je veux aujourd’hui exprimer publiquement ma solidarité fraternelle et mon soutien au Président Amadou Ly, mon successeur à la tête du Club des Investisseurs Sénégalais.

Je sais ce que représente la responsabilité de défendre les intérêts du secteur privé national. Je sais combien ce combat exige de courage, de persévérance et parfois de sacrifices personnels.

Cher Amadou, tu n’es pas seul. Au-delà de ta personne, c’est une certaine idée de l’entreprise sénégalaise que nous devons défendre ensemble.

Je voudrais également saluer le cri du cœur de Babacar Ngom, Président d’honneur et fondateur du CIS, dont les paroles nous rappellent avec force que la solidarité entre entrepreneurs ne peut se limiter aux discours et aux déclarations de principe.

J’ai eu l’honneur de lui succéder à la présidence du Club, avant de transmettre à mon tour le flambeau à Amadou Ly. Cette continuité nous impose une responsabilité morale : ne jamais abandonner ceux qui portent le combat pour l’émergence d’un secteur privé national fort.

Je m’adresse donc solennellement aux plus hautes autorités de notre pays. Nous avons besoin d’un État fort. Mais un État fort ne se construit pas contre ses entrepreneurs. Il se construit avec eux.

Nous avons besoin d’une administration exigeante, d’une justice indépendante, de règles transparentes et d’une lutte implacable contre la corruption. Mais nous avons tout autant besoin d’entreprises nationales solides, respectées et capables de rivaliser avec les plus grandes entreprises internationales.

LA SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE NE SE DÉCRÈTE PAS. ELLE SE CONSTRUIT AVEC DES ENTREPRISES NATIONALES FORTES.

À quoi servirait de proclamer notre ambition de souveraineté si, dans le même temps, nous affaiblissions les instruments économiques capables de la réaliser ? À quoi servirait de parler d’industrialisation si nous ne faisions pas confiance à nos industriels ? À quoi servirait de promettre des emplois à notre jeunesse si nous fragilisions ceux qui peuvent les créer ?

Et comment prétendre bâtir une économie souveraine si nous ne donnons pas à nos propres entreprises les moyens de devenir des champions africains et mondiaux ? Je refuse cette contradiction.

Je refuse également cette tendance qui consiste parfois à considérer la réussite d’un entrepreneur sénégalais comme une anomalie, voire comme une faute.

LA RÉUSSITE D’UN SÉNÉGALAIS NE DOIT PAS ÊTRE UNE MENACE POUR UN AUTRE SÉNÉGALAIS. ELLE DOIT ÊTRE UNE FIERTÉ NATIONALE.

Cela ne signifie nullement que les entrepreneurs doivent être au-dessus des lois. Personne ne doit l’être. Toute faute établie doit être sanctionnée conformément au droit.

Mais aucune entreprise ne devrait être condamnée dans l’opinion avant que les faits soient établis, ni fragilisée par des décisions arbitraires ou disproportionnées. Il faut savoir distinguer la nécessaire exigence de transparence de la destruction injustifiée de la confiance.

Car derrière chaque entreprise sénégalaise, il y a des salariés, des familles, des fournisseurs, des sous-traitants, des banques et parfois des décennies de sacrifices. Détruire une entreprise, ce n’est pas seulement affaiblir son dirigeant. C’est risquer de détruire tout un écosystème économique et social.

Je lance donc un appel à tous les membres du Club des Investisseurs Sénégalais. SOYONS SOLIDAIRES. SOYONS COURAGEUX. SOYONS DIGNES DE NOS AMBITIONS.

Le CIS ne doit jamais devenir un simple club de relations publiques. Il doit être une force de proposition, un espace de solidarité et, lorsque les circonstances l’exigent, une voix ferme et indépendante au service de l’économie nationale.

À nos dirigeants politiques, je voudrais dire ceci : ne confondez pas la force de l’État avec l’affaiblissement de ses entrepreneurs.

À mes frères et sœurs du secteur privé : ne laissons pas nos divisions devenir les instruments de notre propre affaiblissement.

À notre jeunesse : nous avons le devoir de lui transmettre autre chose qu’une économie de dépendance. Nous devons lui léguer des entreprises puissantes, des industries compétitives et la conviction qu’il est possible de réussir dans son propre pays.

Le Sénégal dispose d’immenses talents, d’entrepreneurs audacieux et d’opportunités historiques. Ce qui nous manque parfois, ce n’est ni l’intelligence ni le courage. C’est la confiance mutuelle. C’est la solidarité. C’est cette volonté collective de faire réussir les nôtres sans renoncer à l’exigence de justice et d’exemplarité.

Aujourd’hui, mon soutien à Amadou Ly s’inscrit dans cette conviction profonde.

NOUS NE DEMANDONS NI IMPUNITÉ, NI PRIVILÈGES, NI FAVEURS. NOUS DEMANDONS

JUSTICE, ÉQUITÉ, RESPECT ET CONFIANCE.

Nous demandons que le secteur privé national soit enfin considéré comme un partenaire stratégique de l’État et non comme un adversaire potentiel.

Nous demandons que la préférence nationale, lorsqu’elle est légitime et conforme à nos engagements, cesse d’être un slogan pour devenir une véritable politique de développement.

Nous demandons que nos entrepreneurs soient encouragés à investir, à produire, à exporter et à conquérir les marchés de la ZLECAf. Et nous demandons surtout que le Sénégal cesse de regarder avec méfiance ceux de ses enfants qui prennent le risque de bâtir son avenir.

UN PAYS QUI DÉCOURAGE SES ENTREPRENEURS DÉCOURAGE SA PROPRE JEUNESSE.

UN PAYS QUI AFFAIBLIT SES ENTREPRISES HYPOTHÈQUE SA SOUVERAINETÉ.

SOUTIEN A MONSIEUR AMALY PRESIDENT DU CISSOUTIENUN PAYS QUI NE CROIT PAS EN SES PROPRES CHAMPIONS NE PEUT PRÉTENDRE DEVENIR UNE GRANDE NATION ÉCONOMIQUE.

Alors, je le dis avec gravité, mais aussi avec espoir : NE TUEZ PAS LE SECTEUR PRIVÉ NATIONAL ! PROTÉGEONS NOS ENTREPRISES. RESPECTONS NOS ENTREPRENEURS. DÉFENDONS NOS EMPLOIS. CONSTRUISONS ENSEMBLE NOTRE SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE. Parce qu’au bout du compte, il ne s’agit pas de défendre quelques hommes d’affaires. Il s’agit de défendre l’avenir du Sénégal.

Dakar, le 21 octobre 2026

Pierre Atépa Goudiaby

Architecte Ancien Président du Club des Investisseurs Sénégalais (CIS)