TOURNÉE EN CASAMANCE : Plus de 300 chefs de village et autorités religieuses dans la dynamique «Kiiray »

À Goudomp, le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a donné une dimension particulière à la Journée internationale de la paix. Face aux dignitaires religieux, aux chefs coutumiers, aux chefs de village, aux élus et aux populations, il a porté un message à la fois de mémoire, de paix et de développement. Une étape importante de sa tournée en Casamance, placée sous le signe de l’écoute et de la proximité.
En ce 21 septembre 2026, Yankhoba Diémé a choisi Goudomp pour rappeler que la paix ne peut être durable que lorsqu’elle s’accompagne de justice, de solidarité et de développement. Le ministre a transmis les messages du président de la République Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Al Amine Lô, tout en invitant les acteurs religieux et communautaires à rester mobilisés pour consolider la paix dans la région.
Le souvenir du Joola au cœur du message
À quelques jours de la cérémonie de commémoration du naufrage du Joola, prévue le 26 septembre à Ziguinchor sous la présidence du Premier ministre, Yankhoba Diémé a insisté sur le devoir de mémoire.
Il a invité les imams, les prêtres et l’ensemble des responsables religieux à prier pour les victimes de cette tragédie nationale. Un appel auquel les autorités religieuses de Goudomp ont répondu favorablement.
« Ce drame ne doit pas tomber dans les oubliettes », a rappelé le ministre, soulignant que la construction de la République passe également par la mémoire des disparus, la solidarité avec les familles et la transmission aux générations futures.
L’étape de Goudomp a surtout été marquée par une forte mobilisation populaire. Plus de 300 chefs de village et 150 autorités religieuses ont pris part aux échanges avec le ministre.
Loin d’une rencontre protocolaire, Yankhoba Diémé a voulu en faire un véritable espace d’écoute. Les préoccupations exprimées par les populations ont porté notamment sur le pont de Temento, la boucle du Boudier, le désenclavement des localités et les infrastructures de base.
Cette démarche illustre la volonté du ministre de rester au contact des réalités quotidiennes des populations. Dans les différentes étapes de sa tournée, il multiplie les rencontres avec les responsables communautaires et les habitants, recueillant directement leurs doléances et leurs attentes.
Le plan Diomaye pour la Casamance déjà à l’œuvre
Yankhoba Diémé a également présenté les avancées enregistrées dans le cadre du plan de développement engagé pour la Casamance.
Il a notamment évoqué le retour de vingt villages autrefois abandonnés, rendu possible grâce au travail conjoint du CNAMS et des forces armées. Pour le ministre, ces retours constituent l’un des signes les plus concrets de l’amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs zones.
Mais pour Yankhoba Diémé, le retour des populations ne constitue qu’une première étape. Il faut désormais leur permettre de reconstruire durablement leur vie, de retrouver les services essentiels et de bénéficier des infrastructures nécessaires au développement économique et social.
« Les forces de défense et de sécurité ne font la guerre que pour amener la paix »
Dans son intervention, le ministre des Forces armées a également tenu à rendre hommage aux forces de défense et de sécurité.
Souvent associées aux périodes de conflit, celles-ci ont pourtant, selon lui, une vocation fondamentale : préserver la paix et protéger les populations.
« Elles ne font la guerre que pour amener la paix », a-t-il insisté, saluant l’engagement des militaires et de l’ensemble des acteurs ayant contribué à la stabilisation progressive de la Casamance.
Yankhoba Diémé a rappelé que la paix dans cette partie du Sénégal est le résultat d’un long processus auquel ont contribué plusieurs régimes, les forces de défense et de sécurité, les autorités religieuses et coutumières, les élus, les populations et de nombreux acteurs sociaux.
Pour Yankhoba Diémé, la paix doit désormais se mesurer aux réalisations
Le ministre a surtout voulu donner un contenu concret au mot « paix ». Pour lui, après des décennies de conflit, celle-ci ne peut plus être réduite à l’absence de combats.
« La paix, c’est de construire les infrastructures sanitaires. La paix, c’est de faire le pont de Ziguinchor. La paix, c’est toutes ces routes et ces chantiers », a-t-il martelé.
Une vision qui place le développement au cœur de la consolidation de la paix : reconstruction des écoles et des cases, accès à l’eau potable, réhabilitation des routes et des ponts, infrastructures sanitaires, emploi des jeunes et amélioration de la gouvernance locale.
Autrement dit, la paix doit désormais se traduire dans la vie quotidienne des populations.
Une proximité revendiquée avec les populations
À Goudomp, l’accueil réservé à Yankhoba Diémé par les élus, les chefs traditionnels, les responsables religieux et les populations a donné une tonalité particulière à cette étape de la tournée.
Le ministre s’est voulu accessible, à l’écoute et proche des préoccupations exprimées sur le terrain. Une méthode qui tranche avec une approche strictement administrative de l’action gouvernementale et qui traduit sa volonté de faire remonter directement les attentes des populations aux autorités centrales.
Dans une Casamance longtemps meurtrie par plusieurs décennies de conflit, le message délivré à Goudomp est donc clair : la paix doit désormais être consolidée par le développement et la présence effective de l’État auprès des populations.
En dédiant cette Journée internationale de la paix à « tous les acteurs de la paix », Yankhoba Diémé a ainsi appelé à franchir une nouvelle étape : transformer les acquis de la paix en une dynamique irréversible, capable de garantir aux générations futures une Casamance stable, désenclavée, prospère et pleinement tournée vers le développement. Soda SALL