Yankhoba DIEME : « Des milliers de Casamançais sont sortis pour nous accueillir »

Au lendemain d’un accueil qualifié de chaleureux dans plusieurs localités de la Casamance, le responsable politique est revenu sur la mobilisation enregistrée à son arrivée dans la région. Selon lui, cette forte présence populaire constitue une réponse aux prédictions annonçant une absence de mobilisation autour de leur délégation.
« Il avait été prédit que nous n’allions pas venir. Nous sommes là. Il avait également été dit que, si nous venions, personne ne serait autour de nous. Pourtant, des milliers de personnes, des milliers de Casamançais, sont sortis de partout, simplement pour nous accueillir à l’aéroport », a déclaré Monsieur Yankhoba DIEME Ministre des Forces Armées.
Il a tenu à rappeler que ce déplacement ne s’inscrivait pas dans le cadre d’un meeting politique. « Je rappelle que nous ne sommes pas venus pour un meeting. Nous avons simplement lancé un appel. Je rappelle également que ce voyage a été décidé seulement 48 heures avant, dans la nuit », a-t-il précisé.
Le responsable politique a ainsi tenu à remercier les populations venues à leur rencontre, notamment celles de Ziguinchor, Bignona, Oussouye et, plus largement, de toute la Casamance. Il a également salué la présence de populations venues de Bounkiling, témoignant, selon lui, de l’intérêt suscité par cette visite.
Une première journée jugée fructueuse
Revenant sur le déroulement de la première journée de la visite, il l’a qualifiée de « fructueuse », mettant particulièrement en avant les rencontres avec les autorités coutumières et traditionnelles de la région.
« Nous sommes à la première journée de notre visite. Elle a été fructueuse », a-t-il souligné.
À Oussouye, la délégation a été reçue par le roi d’Oussouye et l’ensemble de sa cour royale. Elle a également rencontré le roi de Calabone, accompagné de sa cour, ainsi que le roi de Mlomp, lui aussi entouré de ses dignitaires.
La délégation a enfin eu des échanges avec plusieurs chefs coutumiers. Pour le responsable politique, ces différentes audiences constituent un temps fort de cette tournée, dans une région où les autorités traditionnelles continuent de jouer un rôle important dans la cohésion sociale et la préservation de la paix.
Au-delà de la mobilisation populaire observée à l’arrivée, cette première étape de la tournée aura donc été marquée par une série de rencontres avec les forces vives et les autorités traditionnelles de la Casamance.
Aux autorités coutumières que j’ai eu l’honneur de recevoir, je voudrais transmettre un message clair : les chantiers engagés dans le cadre du Plan Jamm pour la Casamance demeurent une priorité et restent pleinement d’actualité.
La route Ziguinchor-Cap Skiring, dont les travaux sont actuellement en cours, connaît certes quelques ralentissements liés à l’hivernage, mais le chantier se poursuit. Il en est de même pour la route au niveau de Oussouye/ Mboulonp.
Nous avons également été particulièrement sensibles à la demande formulée concernant l’ouverture de la route au niveau de Oussouye/Santhiaba Mandjiack. Cette préoccupation a été entendue et elle mérite toute l’attention nécessaire.
Je suis également chargé par le chef de l’État de dire à l’ensemble des populations de Casamance qu’il garde toujours en perspective la pose de la première pierre du pont de Ziguinchor.
Aujourd’hui, tous les Casamançais peuvent être rassurés. Le ministre Déthie FALL a fait le nécessaire et le chef de l’État a donné des orientations claires. Dans sa nouvelle doctrine, le président de la République a décidé de ne plus multiplier les cérémonies de pose de première pierre sans garantie sur la continuité effective des travaux.
Désormais, lorsqu'une première pierre est posée, il faut que les travaux suivent et que les entreprises restent effectivement mobilisées. Le chef de l'État veut d'abord s'assurer que les conditions sont réunies, que les chantiers sont au beau fixe et que les projets engagés puissent être réalisés dans la continuité.
Il a également indiqué qu’un certain nombre de nouveaux projets pourraient être mis dans le « tuyau ». Je ne saurais, à ce stade, dire précisément lesquels. Mais en tant que citoyen de Bignona, je pense naturellement à la route Bignona-Diouloulou. Je ne peux pas non plus ne pas penser à la boucle du Foni, ainsi qu’à certaines infrastructures sanitaires dont notre région a fortement besoin.
Mais je laisse la primauté à l’autorité qui est celle du président de la République. Mon rôle, aujourd’hui, est surtout de déblayer le chemin pour préparer la prochaine visite du chef de l’État en Casamance.
Je dois dire que j’ai été particulièrement heureux de l’accueil qui m’a été réservé. J’ai d’ailleurs constaté, dès ce matin, que cet accueil a également contribué à animer la région sur le plan politique et à rendre la Casamance encore plus vivante.
C’est une bonne chose, à condition que cette dynamique reste placée sous le signe de la paix, de la cohésion et du respect.
Car, au fond, c’est cela que nous voulons pour la Casamance : la paix, le développement, la réalisation des infrastructures et l’espoir d’un avenir meilleur pour toutes les populations.
La Casamance mérite cette attention. Elle mérite que les engagements soient tenus et que les chantiers du développement se poursuivent dans la sérénité et la continuité.
Après que la justice a dit le droit, après les échanges institutionnels entre l’Assemblée nationale et le Gouvernement du Sénégal, il est également de mon devoir, non pas de commenter la décision du Conseil constitutionnel, mais d’éclairer l’opinion et, également, de passer le message, au nom du président de la République, à tous les chefs religieux.
La question des fonds politiques
Il s’agit de revenir sur ce qui est appelé, avec beaucoup de précautions parfois, les « fonds politiques », les « fonds secrets », quel que soit le nom qu’on leur donne.
De l’avis de Monsieur DIEME, «le rappel était simple : le président de la République travaille nuit et jour pour préserver l’État du Sénégal, un État debout qu’il a reçu des mains de ses prédécesseurs, à commencer par le président Léopold Sédar Senghor, le président Abdou Diouf, le président Abdoulaye Wade et jusqu’au président Macky Sall ».
Selon lui, «il est de son devoir, puisqu’il sait qu’un jour viendra où il devra à son tour transmettre cet État à son successeur, de veiller à ce que celui-ci demeure debout, solide et fonctionnel. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la question des fonds dits politiques ou secrets : elle ne doit pas être abordée uniquement sous l’angle de la polémique politique, mais également sous celui de la continuité et de la préservation de l’État ».
Il dit : «Il faut lui faire comprendre, ou lui rappeler, ce qu’ils avaient déjà compris : il n’y a aucun président de la République, aucun État sérieux qui ne dispose pas de ce type de fonds. Et nous, nous ne sommes pas morveux, parce que le président de la République oriente tout ce qu’il reçoit dans le sens indiqué par la loi ».
«Nous ne sommes pas venus non plus faire le procès des absents. Les absents eux-mêmes ont choisi de s’adresser à l’opinion et d’expliquer ce que la loi interdit justement d’expliquer, jusqu’à donner des explications qui sont retenues par la presse comme étant des balles qu’ils se tirent eux-mêmes dans le pied. Personne n’est obligé d’expliquer la destination des fonds politiques, parce que, justement, personne n’est obligé d’expliquer qu’il a aidé, qui il a aidé ou dans quelles circonstances il l’a fait » a-t-il rappelé. Par Michel DIOUF